dimanche 29 mars 2015

Il faut changer de politique pour éviter le pire

Les résultats de ces départementales sont catastrophiques. Nous perdons plus de 30 départements. Jamais, dans la 5eme République, une telle bascule n'a eu lieu avec autant d'ampleur.
En 2011, nous n'avions gagné que 3 départements. En 2008, c'est 8 bascules. Les deux plus grosses bascules de l'histoire concernaient au maximum 10 départements.
Même en prenant en compte un scrutin où seuls la moitié des départements votaient, jamais dans l'histoire plus de 30 départements basculent!
Les résultats des duels avec le Front National montrent qu'aujourd'hui, c'est la droite qui peut le mieux empêcher ce parti d'avoir des élus. Le FN gagne ses duels avec le PS, grâce à des reports de voix venus de l'UMP, alors que dans des duels avec l'UMP, toutes les voix de la gauche se reportent sur la droite.
Dans la perspective de 2017, cela peut avoir des conséquences dans les votes de certains de nos électeurs.
La seule illusion, c'est celle entretenue par les sondages. Ils nous voyaient encore plus bas. La belle affaire!
Sur la base des trois derniers scrutins, la gauche n'est pas assurée d'être au second tour en 2017. Pire, nous ne garderions qu'une centaine de députés.
La gauche ne peut progresser lorsqu'elle est divisée, aucune partie de la gauche ne peut gagner au détriment des autres.
C'est cette lecon, ignorée superbement depuis deux ans et demi par Francois Hollande, et depuis un an par Manuel Valls, incapables de construire des compromis politiques - on ne parle pas des faux semblants d'amendements, on parle de mesures qui sont suivies d'adhésion de la part des forces progressistes et de gauche, et recourir au 49-3, c'est l'anti-thése de cela - qui vient d'être - de nouveau, aprés les municipales et les Européennes - rappelée.
Le collectif de Vive la Gauche, dont fait partie les parlementaires de Maintenant la Gauche, mais aussi, à la FFE, Arnaud Leroy et Pouria Amirshahi, a appelé à un nouveau Contrat de Rassemblement, "Nous appelons à ce qu’une grande Gauche se rassemble sans retard, pour soutenir des politiques nouvelles, au service de nos engagements."
Manuel Valls, ce soir, redécouvre le slogan de Martine Aubry aux Primaires, scande son intention de s'occuper de "l'Emploi, l'emploi, l'emploi". Rappelons la hausse de Février du chômage...
Il annonce dans la foulée que des textes "seront adoptés avant l'été" - quel mépris du Parlement! Il seront discutés, débattus, proposés, mais si Manuel Valls n'a plus besoin du vote, et bien, qu'il gouverne par ordonnances!
Jean-Christophe Cambadélis ce soir a perdu toute crédibilité pour être Premier Secrétaire. D'aprés lui, il n'y a pas de débâcle. Le PS n'aurait "pas dévissé". Son appel au dialogue avec la gauche est à l'unisson: sans contenu à proposer, ni idée de quoi faire.
Alors, les partis à la Gauche du PS vivent aussi une forme de refus du réel.
Il n'y a en France ni scénario grec, où un Front de Gauche se nourrirait de l'électorat du PS, ni de scénario espagnol, où un nouveau parti, à la Podemos, surgirait.
Nous sommes dans un scénario à la Weimar, où autrefois le NSDAP de Hitler surgit du désespoir, alors que le budget était rééquilibré.
Lorsque la Social-Démocratie trahit l'espoir de ses électeurs, des classes modestes, des salariés, des enseignants, des fonctionnaires, des retraités issus de classe modeste, lorsqu'elle empêche par sa politique le rassemblement et pousse sa gauche à lutter contre elle, c'est l'extrémisme qui l'emporte, et emporte tout.
Il est temps de changer de politique. Nous faisons des propositions concrétes depuis 2012.

Maintenant la Gauche analyse les départementales

imageLes résultats des élections départementales, après l’échec des municipales, exige de l’exécutif, du PS et de la gauche lucidité et sursaut. On ne saurait trouver des alibis pour atténuer la gravité de la situation, l’ampleur de la défaite et l’exigence de changement de cap.
Sur le terrain politique, comme sur le plan économique, il serait dramatique d’attendre sans réagir, au motif qu’un frémissement de certains indicateurs macro-économiques règlerait les graves problèmes qu’il nous faut surmonter.
Constater la désunion de la gauche et des écologistes en cherchant des boucs émissaires ne peut qu’accentuer les divisions. Alors même qu’il revient au PS, principal parti de la gauche et au Président de la République, élu grâce ã la mobilisation des électeurs de toutes ces forces, de proposer une stratégie et un contenu au rassemblement sans lequel aucune victoire n’est envisageable en 2017.
Après avoir appelé au rassemblement avant les élections et avec insistance entre les deux tours, il n’est pas possible, une fois les élections passées, de continuer comme si de rien n’était. C’est une question d’éthique politique mais aussi d’efficacité.
Le poids du Front national, même s’il ne se concrétise pas par la conquête de départements, est très alarmant. Le nécessaire combat moral et idéologique ne sera pas suffisant pour réduire le poids du FN.
Il est indispensable d’entreprendre la reconquête des couches populaires, de plus en plus nombreuses à ne plus voter et à ne plus voter à gauche ; Plus que d’autres, elles ont besoin d’une politique qui place la justice sociale, la relance du pouvoir d’achat et la création d’emplois au premier plan. Elles attendent des mesures immédiates et des perspectives d’avenir.
Le temps n’est pas aux calculs opportunistes, ni aux demi-mesures. De façon continue, « Maintenant la gauche » a fait des propositions, concrètes, sérieuses, qui pourraient servir de base à la discussion d’une plateforme de sursaut économique, social et républicain rassemblant toute la gauche et les écologistes.
Les socialistes ne peuvent plus attendre encore une fois un rebond venu d’ailleurs, ni se résigner à la défaite. Le temps presse désormais.
Emmanuel Maurel
 

mercredi 11 mars 2015

Le Parti Socialiste est-il toujours le Parti de la Laïcité et de l'Ecole Publique?

Il y a un vrai débat, fondamental, sur la laïcité, au sein du Parti Socialiste, et qui porte aussi sur l'Ecole Publique.
C'est un débat bien plus important qu'on ne le croit: le basculement du PS dans le tournant de la rigueur en Juillet 1983 ne fut pas un choix politique organisé sur un débat économique. Mauroy ne tombe pas à cause du déficit extérieur ou de l'inflation, mais bien parce que Mitterrand le lâche en pleine querelle de l'école publique.
Ce débat n'épouse pas les différences sur la politique économique.
Le Parti radical de Gauche, partie prenante de la politique économique actuelle, accuse le Parti Socialiste aujourd'hui de trahir la laïcité.
Il démontre cependant qu'une petite clique, sur la politique économique comme sur la politique sociale, tourne le dos aux combats historiques du Parti Socialiste et de la gauche, remettant en cause même le ciment de l'union d'autrefois entre républicains et socialistes, entre Radicaux, SFIO et Parti Communiste.
Que cette clique souhaite une alliance avec les croyants du Centre, avec l'UDI de Habib Meyer!, n'est donc pas une surprise.
Sur ce sujet, la contribution déposée par JCC Cambadelis et celle de Maintenant la gauche sont très proches, rappelant la nécessité de supprimer le délit de blasphème y compris en territoire concordataire, et en reconnaissant l'importance de la charte de la laïcité.
Il y a là de nouveau une dérive idéologique à l'œuvre, de la part de ceux qui, sur les questions économiques, sociales, et donc maintenant politiques, ne sortent jamais du bois et ne déposent pas de contribution. Ils s'abritent derrière les autres, signant la contribution "laicarde" de Cambadelis, mais mettant en œuvre une autre politique.
Que les camarades, sincèrement convaincus de la nécessité du combat laïc, évitent de se retrouver dans le même texte que ceux qui attaquent l'école publique et l'idée laïque pour la dévoyer en œcuménisme bon teint,  fassent donc un choix clair.
Rejoignez les contributions authentiquement laïques, mais surtout celles dont les équipes le resteront après le congrès.
Pourquoi ce message? Je vais traiter du fond:
Cette semaine, la presse rends compte que le ministre de l'Intérieur a repris lors du conseil des ministres du 25 février des propositions d'un texte de travail du parti non encore débattu ni approuvé par le Bureau National, notamment sur les écoles privées:
 «Le gouvernement veillera à ce que l'enseignement privé confessionnel musulman puisse se développer dans le respect des principes républicains. Des instructions seront adressées aux préfets et aux recteurs afin qu'ils fassent pleinement usage de leurs prérogatives de contrôle», avait annoncé le ministre.
Le Parti socialiste, s'en était aussitôt félicité dans un communiqué, proposant de " développer les établissements scolaires privés sous contrat", que le secrétaire national à la laïcité Dutheil signa de noms de parlementaires profondément opposés au contenu de ce texte.
«Je n'ai jamais lu ce texte et je n'en partage pas les options. Je n'y ai pas été associé, pas plus que mes collègues dont le nom est mentionné», déplore Emmanuel Maurel, eurodéputé et animateur de la contribution «Maintenant la gauche». L'élu socialiste regrette que le texte n'ait pas été discuté en bureau national. «J'ai appelé Laurent Dutheil, l'auteur du texte, pour lui en faire part, et j'ai adressé un courrier. Il m'a dit qu'il avait inscrit nos noms parce que nous faisions partie du groupe de travail», détaille au Scan l'un des leaders de l'aile gauche du PS, qui s'offusque d'être associé à un texte qui promeut le développement des écoles confessionnelles."
Dutheil a ajouté à son texte des signataires qui n'ont jamais lu ou approuvé ce texte tel quel, qui sont en profond désaccord. Manigance minable de préparation de congrès.
On l'a entrevu à la réunion des secrétaires de section du 1 Février dernier: les secrétaires de section ont applaudi des conceptions profondément opposées de la laïcité. L'exercice de clarté est à faire.
Certains, dont je suis, ont défendu l'idée républicaine, universelle, qui voit dans la citoyenneté une émancipation permettant le choix, de croire, de pas croire, de changer de foi, de ne pas être défini par son origine ou la religion de ses parents, dans laquelle l'ordre républicain ne s'occupe pas des églises en dehors de la loi commune, et où la tolérance d'un enseignement confessionnel, arraché par des rapports de force politiques et dans la rue par les mêmes qui aujourd'hui manifestent contre le mariage pour tous, justifie la contrainte du conventionnement, mais où cet enseignement confessionnel n'est que toléré.
L'objectif reste, si les rapports de force le permettent, de revenir à une réforme à la Savary, de réduire le financement de l'enseignement confessionnel, de mettre fin, un jour lointain, au conventionnement en absorbant les écoles privées. Qu'une initiation à l'éthique et un enseignement religieux soit proposé en option n'est pas contradictoire: il ne s'agit pas de gommer la religion et la question de la foi, mais d'émanciper le citoyen de la pression sociale, familiale et culturelle, au nom de la liberté de conscience.
D'autres ont défendu l'idée d'un ordre républicain qui conforte les communautés, qui assure la tolérance d'un sécularisme œcuménique. Toutes les religions se valent, et l'Etat les mets toutes sur un même plan, comme acteurs légitimes d'un dialogue politique, organisant avec les églises une partie de l'enseignement, complémentaire à l'enseignement public, et tout aussi légitime que lui. Dans cette vision, les chefs d'Etat et de gouvernement aident les églises à s'organiser et à être représentée comme acteurs spécifiques, plus légitimes que d'autres. Dans cette vision, l'individu est ramené à sa communauté - il y a un vote juif, un vote musulman, un vote antillais, un vote catholique social, un vote calviniste de gauche. dans cette vision, il y a une confusion entre laïcité et sécularisme.
C'est la vision que porte Manuel Valls dans ses discours, que porte le rapport Dutheil au sein du PS.
Pour moi, cette conception réduit toujours l'individu à son origine, à sa religion, et l'y enferme. Comme le disait une camarade le 1 Février "toujours on me renvois à mon arabité, alors que je suis citoyenne française."
On serait "musulman", "juif", "immigré", "beur", "de souche" (ce qui veut dire blanc et chrétien) avant d'être "citoyen" et "Français".
Surtout, comment sortir de ces communautés?
Qui aidera la femme émancipée à sortir de l'oppression catholique ou islamique, qui aidera le citoyen LGBT à échapper à la répression de communautés conservatrices? Qui fait le travail d'émancipation, si l'école publique est supplétive des écoles confessionnelles, si l'Etat organise l'enfermement des individus dans leurs communautés?
Dans une société bâtie sur la tolérance d'un sécularisme œcuménique les athées ont des problèmes. Car leur existence n'est pas reconnue. Car être athée, ce n'est pas être membre d'une communauté. C'est un choix individuel, libre.
Et qui garantit que l'apostat, celui qui change de religion, celle qui souhaite épouser dans une autre communauté, ne soient pas victimes de l'oppression sociale, si l'Etat conforte ainsi les religions et leurs églises ?
Il n'est peut-être pas si ironique, de la part de l'histoire, alors que c'est Laurent Fabius qui succéda à Pierre Mauroy après la bataille perdue de l'Education, permettant à Jack Lang, successeur de Alain Savary, de créer une relation symbiotique entre enseignement confessionnel et Education nationale, que ce soit Bertrand Cazeneuve, ministre fabiusien de l'Intérieur, qui inscrive dans les projets du ministére l'organisation de l'enseignement confessionnel musulman. C'est la boucle bouclée d'une certaine gauche, qui se manqua en 2005 en soutenant par opportunisme le non au traité de Lisbonne (Valls, Fabius, Cazeneuve), mais qui sur des sujets essentiels, est dans une logique d'abandon.
Pour moi, la laicité, c'est ce qu'explique si bien le texte de Maintenant la Gauche: http://www.maintenantlagauche.fr/signer-la-contribution-generale-de-maintenant-la-gauche/
"La République laïque est là pour garantir à tous les Français la liberté de conscience, celle de croire ou de ne pas croire. Elle doit d'abord promouvoir les valeurs fondamentales qui nous rassemblent, apprendre à distinguer ce qui relève du savoir et ce qui relève de la croyance.
 La République et ses représentants doivent restaurer chez chacun de nos concitoyens la fierté d'en être membre. La République ne reconnaît pas les communautés religieuses comme intermédiaires avec les citoyens, et elle doit être capable de rappeler à l'ordre ceux de ses élus locaux qui instrumentalisent et entretiennent les communautarismes à des fins de contrôle social ou électoral.
 En République, le blasphème n’existe pas. On ne peut pas accepter l’idée qu’il soit interdit de critiquer ou moquer des convictions quelles qu'elles soient (religieuses ou politiques).
 Il est essentiel de rappeler à tous que la liberté d’expression n’autorise pas à déroger de la loi en particulier celle contre le racisme et l’antisémitisme.
 La laïcité n’est pas une succession d’interdits. Elle a, au contraire, une vocation libératrice, émancipatrice et elle rend possible non seulement le vivre ensemble, mais la construction d’un projet commun.
 Notre pays doit garantir la liberté de culte et les moyens de l’exercer dans le respect strict de la loi de 1905 que nous ne voulons pas modifier. De nombreuses initiatives peuvent être prises pour permettre une pratique religieuse libérée des influences étrangères ou contraires aux principes de la République.
 Le combat laïque a besoin de l’implication de tous, et en premier lieu de nos institutions.
 Les événements récents et en particulier certains comportements constatés dans les établissements scolaires en marge de la minute de silence en mémoire des victimes de l'attentat de Charlie Hebdo sont inquiétants. Mais, au-delà, cela a mis en lumière le désarroi de nombreux enseignants face à des discours intellectuellement violents de beaucoup de jeunes gens, eux-mêmes en pleine confusion, sous l'influence parfois des entourages, mais aussi des discours complotistes ou radicaux que l'on trouve facilement sur internet et les réseaux sociaux.
 Un travail d'éducation civique et républicaine est à réinventer et mener sur un temps long et nos enseignants doivent être armés pour réussir. Le gouvernement manifeste sa volonté de relever ces défis nous devons le soutenir dans cette détermination. Il faudra agir dans tous les lieux éducatifs, et même dans la formation professionnelle pour mieux faire comprendre et partager cette valeur. C’est au sein de tous les services publics qu’il faut que salariés, dirigeants, usagers soient au clair sur la façon de la faire vivre.
 Les chartes de la laïcité doivent être systématiquement établies en faisant appel à la participation de tous ceux qui doivent la mettre en œuvre.
 La laïcité prend aussi appui sur l’analyse rationnelle et critique du monde. Elle combat tous les obscurantismes. Quand on voit monter le dogmatisme des créationnistes aux USA, le négationnisme historique, la contestation de la science ou des droits des femmes (dans plus d’une religion), on mesure que la laïcité doit faire face à des idéologies qui la combattent avec force et qu’elle ne s’imposera pas comme une évidence. La mobilisation du 11 Janvier est très importante et il nous faut la prolonger."

mercredi 25 février 2015

La santé de l'Allemagne, résultat d'une politique de la Demande

Hier, j'entendais de nouveau BFMTV nous servir le couplet habituel sur le succès de l'Allemagne.
Schröder, le commis-voyageur de Gazprom et ami de Poutine, grâce à de courageuses réformes inspirées par Peter Hartz, l'homme condamné en 2008 pour corruption des représentants du personnel de Volkswagen et abus de biens sociaux, s'attaquant à la flexibilité du travail et aux cotisations chômage, aurait remis le pays en route, et Merkel sut poursuivre ces réformes. Le peuple allemand, qui n'est pas râleur, lui, sut soutenir ses réformes en acceptant la modération salariale.
Bon, les chiffres montrent qu'entre ces réformes et le début d'un commencement de succès, il s'est écoulé 6 ans, avec entre-temps la plus grave récession mondiale de l'après-guerre. La modération salariale a surtout provoqué une progression de la pauvreté, qui est plus forte en 2014 qu'en 1998, sans compter l'inégalité croissante entre hommes et femmes.
Les résultats des élections depuis 2005 montrent aussi que les allemands ont fait perdre sa majorité à tous les gouvernements. Schröder perds les élections de septembre 2005, la grande coalition perds sa majorité en 2009, la coalition conservateur-libéraux perds sa majorité en 2013, la grande coalition actuelle serait aussi renvoyée à la maison.
La seule vainqueur dans ce jeu, c'est Merkel, dont le parti conservateur passe de 33% à 42%, retrouvant les scores habituels des conservateurs d'avant 1998, pas non plus le plébiscite dont tout le monde parle.
Le Bundestag de 2013 a d'ailleurs aussi une majorité á gauche si SPD, verts et Linke trouvaient des moyens de collaborer.
Pour des Allemands plébiscitant la politique menée, on a vu mieux. On voit surtout une partie des Allemands, profiteurs du système mis en place, souhaitant sa poursuite contre les intérêts de leurs compatriotes.
On voit d'ailleurs une révolte populiste-nationaliste, anti-européenne, se développer. Le parti AfD est entré au Parlement européen, au Parlement régional de Hambourg, est crédité de voix pour entrer au Bundestag. Cela mettrait fin á toute majorité de gauche au Bundestag.
Dans ce joli récit de BFMTV, la crise de 2008-2009 n'existe plus, elle n'a eu aucun effet, ni conséquences, et les gouvernements n'ont rien fait. Dans ce récit, l'impact démographique, déflationniste, n'a pas de place non plus, ni les effets positifs, pour une économie importatrice de matières premières et exportatrices de produits finis à forte compétitivité hors prix d'une monnaie stable et forte. Dans ce récit, les autres mesures prises depuis la crise, suite à la crise des dettes publiques, depuis la deuxième Grande Coalition n'existent pas.
On ne conserve qu'une chose: Schröder a fait des réformes conformes à la vulgate néolibérale en 2002, et l'Allemagne a eu de bons résultats économiques entre 2010 et 2014.
Pourtant...
Pourtant en 2008 et 2009, l'Allemagne a mené une agressive politique de relance par l'investissement et de maintien du pouvoir d'achat.
Pourtant, l'Allemagne a failli entrer en récession en 2013.
Pourtant, depuis septembre 2013, l'Allemagne, sous la pression du SPD réorienté au centre-gauche, mène une politique de soutien à la demande, avec création du SMIC, relèvement des retraites, et aujourd'hui annoncé, une politique active d'encadrement des loyers.
D'ailleurs, la croissance de 2014 n'est pas le résultat des réformes de 2002.
C'est, d'après Reuters, grâce à la reprise de la consommation des Ménages!
Et pourtant, c'est bien à la reprise d'accords salariaux agressifs que l'on espère le maintien de cette croissance!
D'ailleurs, c'est la seule manière de résorber les déséquilibres provoqués par la balance excédentaire - à plus de 200 Milliards, soit plus que la dette publique grecque - de l'Allemagne! En soutenant une demande et une consommation qui relancera les importations depuis les pays partenaires européens!
La réécriture de l'histoire est toujours l'œuvre de révisionnistes servant un dessein politique. BFMTV et la vulgate libérale française, dont Gallois, tel un nouveau Peter Hartz, est un symbole, comme un Attali, un Macron, sont au service d'intérêts privés. Pas de ceux de la nation.

Avec Maintenant la Gauche, nous proposons un plan de relance depuis l'hiver 2013.
Suivons l'exemple allemand!

Les salaires en hausse, clé de la croissance allemande:
http://fr.reuters.com/ar…/businessNews/idFRKBN0LS0G120150224
La croissance, clé des rentrées fiscales en hausse:
http://www.rp-online.de/wirtschaft/wirtschaft-deutschland-erzielt-18-milliarden-euro-ueberschuss-aid-1.4900058
L'excédent commercial atteint des niveaux inquiétants pour la stabilité de l'Euro:
http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/02/07/l-excedent-commercial-allemand-a-atteint-un-niveau-record-en-2013_4362031_3234.html
L'encadrement des loyers décidé par la Grande Coalition hier:
http://www.faz.net/aktuell/politik/koalition-einig-die-mietbremse-kommt-13448641.html

mardi 24 février 2015

Où va l'Europe?

Le pacte de stabilité qui trouve son origine dans le traité de Maastricht suppose que les États Européens restent dans des marges bien connus.
Ceux-ci, fixés par des experts administratifs, ont reçu la protection du Droit. La politique économique est devenue un sujet de jurisprudence plus qu'un outil positif pour construire un avenir commun.
Pourtant, tous les économistes reconnaissent que les déséquilibres les plus déstabilisants pour une zone monétaire ne sont pas définis par la politique budgétaire.
Dans de grandes zones monétaires relativement homogènes linguistiquement, c'est les migrations internes qui vont rééquilibrer la zone.
Une ville en plein boom attirera les chômeurs d'une zone dévastée, achètera les produits d'autres villes et alimentera ainsi leurs économies.
On comprends qu'un espace aussi complexe, aussi longuement construit, culturellement, linguistiquement, que L'Europe, ne peut pas régler ses problèmes ainsi.
L'exode rural français fut une bonne illustration de ce modèle de rééquilibrage interne.
Aujourd'hui quatres nouvelles se percutent et révèlent à quel point le jurisidisme économique est impuissant à s'attaquer à tous les déséquilibres européens.
L'Allemagne a dégagé en 2014 un surplus budgétaire largement supérieur aux dernières prévisions. Cela démontre par ailleurs l'efficience des inspecteurs des finances allemands, à peu près équivalente à celle des français. Le surplus budgétaire est un déséquilibre ayant aussi des effets négatifs sur une économie.
L'excédent commercial allemand a de nouveau battu un record. Dans le même temps le déficit commercial français hors énergie a aussi battu un record. Ce sont deux déséquilibres de la balance des paiements qui s'expliquent en partie l'un par l'autre.
Enfin, le gouvernement français vient officiellement de reconnaître auprès de la commission l'impossibilité de revenir sous les 3% de déficit avant 2018, ce qui devrait entraîner une procédure contre nous.
Bien sûr il est simpliste de dire que ces excèdents ci sont le reflet de ces déficits là.
Mais il y a une once de vérité dans cette simplicité.
La France va donc être sanctionnée. L'Allemagne elle n'aura droit à aucune remarque.
C'est que le cadre juridique défini ne traite pas d'un niveau maximal d'excédents. Il est légitime juridiquement de s'enrichir sur le dos de ses partenaires et d'utiliser la force du droit pour les sanctionner d'acheter à crédit vos produits.
C'est d'ailleurs ce que L'Allemagne fait en obligeant la Grèce à emprunter pour payer des équipements militaires allemands achetés par un gouvernement grec depuis convaincu de corruption.
Au delà de la condamnation morale d'une telle hypocrisie, on voit surtout la faiblesse intellectuelle de toute L'union sur les questions économiques et monétaires.
Les excèdents commerciaux allemands et japonais déjà desequilibrerent le monde de Bretton Woods, et fut l'un des facteurs de la crise d'inflation des années 70.
Leur résorption ont plongé le Japon dans la déflation, L'Allemagne utilisa ses excèdents pour financer la réunification.
La reconstruction de ce déséquilibre est pourtant la cause la plus profonde de la crise européenne.
Tant que les pays excédentaires n'utiliseront pas leurs excèdents pour relancer leurs demandes intérieures et leurs importations, pour investir dans le soutien de leurs partenaires, L'Europe marchera vers sa fin.

vendredi 13 février 2015

La social-démocratie européenne à la croisée des chemins

Nous sommes à une croisée des chemins.

Les lignes bougent. Au Parlement européen, un rassemblement s'esquisse. L'appel ci-dessous de députés européens issus de la Gauche Européennes, des Verts, du PSE, notamment avec notre Premier Signataire Emmanuel Maurel, montre que ce débat progresse. Le SPD cependant, dont l'aile gauche est pourtant bien représenté au Parlement Européen, n'est pas représenté.

http://www.maintenantlagauche95.org/m/article-125525042.html

Rappelons quelques faits: en 2009, Sigmar Gabriel a lancé une prudente réorientation du SPD - tombé à 20% après Schröder et la première grande coalition - vers la gauche. C'est ce qu'il a formulé en 2011 en "Mitte-links" "au milieu, à gauche", quand Schröder ne parlait que de "Mitte" - du milieu. Cette réorientation prudente permit au SPD de remonter dans les sondages au delà de 25%, et a la direction du SPD de construire une stratégie majoritaire sur l'alliance unique avec les Verts. Le parti restait très divisé entre ceux favorables d'étendre cette alliance aux Linken et ceux voyant plus de points communs avec la CDU.
La désignation obscure de Steinbrück, l'homme le plus à droite du SPD, prit tout le parti a contre-pied. Le résultat fut décevant - 25%, loin des 30 espérés.
Par chance, la stratégie de Merkel, de siphonner les libéraux du FDP - ses anciens alliés- pour obtenir une majorite parlementaire absolue échoua - l'AFD populiste et ses 4,7% en étant pour quelque chose.
Deux possibilités de majorite sont donc possibles au Bundestag : une alliance Linke-Verts-SPD ou la grande coalition que Gabriel décida de faire. Dans un moment de démocratie interne inédit pour le SPD, les militants votèrent sur le contrat de coalition avec la CDU et l'accepteront a 75% de Oui.
Depuis, malgré la mise en place de mesures authentiquement de gauche (ne citons que le SMIC mais il y en a d'autres), le SPD, sans stratégie claire, stagne autour de 25%. La somme des gauches reste stable autour des 43% obtenus en 2013.
Le problème, c'est que si près de 15% des suffrages de 2013 ne sont pas représentés au Bundestag (dispersés sur des partis sous les 5%), il est quasiment sur que l'AfD aura des députés en 2017. La CDU-CSU restant stable à 40% elle pourra choisir son partenaire de coalition entre Verts, SPD ou AfD.
Il y a pourtant au sein de la gauche allemande de plus en plus de voix qui parlent pour une grande coalition de gauche, des Linke au SPD. Même des "réformateurs" SPD commencent à s'interroger sur l'échec de la stratégie de Gabriel, dont la réorientation prudente l'est trop, invisible de l'électeur.
De plus, désemparé, Gabriel tombe dans des réflexes autocratiques, prenant le contre-pied d'une Motion de son parti voté dans une séance qu'il présidait sur le TAFTA, rencontrant et légitimant par la même les populistes de Pegida.
 Le budget allemand va être en équilibre, mais au prix d'un ralentissement de la croissance européenne, d'un retard d'investissements sur les infrastructures considérable, et d'une aggravation de la pauvreté et des inégalités.
L'enjeu d'un nouveau pacte majoritaire à gauche passe donc par une politique active de reprise de l'activité, ce qu'on simplifie sous le nom de politique de croissance même lorsqu'elle implique des investissements massifs pour la transition écologique et vers l'économie durable.
Finalement, la gauche allemande est au même point de débat que toutes les gauches européennes: continuer l'aggiornamento avec les droites et cette grande coalition européenne, austéritaire, injuste, inefficace et donc impopulaire, ou constituer un nouveau pacte majoritaire à sa gauche.
Toute la social-démocratie européenne est devant finalement ce choix : décrépir comme le PASOK, où se transformer comme Syriza.
Rappelons ici que Syriza n'est pas né des partis de la gauche du PASOK, mais d'une scission du PASOK sur cette question du contenu politique du pacte majoritaire et de l'alliance ou non avec les droites.
Notre congrès de Juin 2015 n'est donc pas, comme semble le penser Manuel Valls, le jeu de cinglés dans le bac à sable, mais bien le débat fondamental auquel est confronté l'ensemble de la social-démocratie européenne.
Il est d'ailleurs à ce sujet dommage, mais aussi révélateur, que le congres du PSE qui a lieu la semaine suivant notre congres, n'a dans son programme provisoire aucune trace de ce débat la, ni aucun vote de prévu entre motions et propositions de stratégie différentes.

C'est à nous, socialistes français, de peser sur ce débat en prenant pleinement notre place dans le congrès dePoitiers.

Mathieu Pouydesseau 

jeudi 5 février 2015

Le sursaut Républicain, un coup de jeune pour le socialisme

Le texte intégral de la contribution générale "Le sursaut Républicain, un coup de jeune pour le socialisme" (Maintenant la Gauche) est maintenant disponible.
http://fr.scribd.com/doc/254786531/Contribution-generale-de-Maintenant-La-Gauche-au-Congres-de-Poitiers
Nous défendons une vision volontariste de l'action politique, inscrite dans un union des gauches européennes, porteuse de rapports de force, et ancrée dans les valeurs républicaines. Nous n'acceptons pas qu'un rapport d'expert, fondé sur des théories économiques orthodoxes et libérales, se substitue à la réflexion collective du parti pour devenir la nouvelle feuille de route, sans débat ni cohérence, et depuis 2012, sans résultats à part la montée du Front National.
En voici la table des matières:
I. Les conditions du sursaut
1) Redonner du sens et de la force à la souveraineté populaire
2) Le sursaut républicain implique la rupture avec les politiques d’austérité
3) Le sursaut républicain passe par la réduction des inégalités.
4) Le sursaut républicain, c’est faire avancer les droits des travailleurs
5) La république qui protège : garantir les droits fondamentaux
6) La République qui émancipe : partager les savoirs
7) Un regard lucide sur le monde
8) L’éco-socialisme est l’avenir, pour la planète et pour la gauche
II. Un parti socialiste acteur du sursaut
1) Faire vivre un parti socialiste utile et sûr de lui
2) Engager la rénovation de la gauche Européenne
3) 15 propositions pour la renaissance du PS
4) Le congrès de Poitiers ne sera pas un congrès comme les autres

Dans la parti rénovation du Parti, je vous propose notamment la réflexion sur le point numéro 5 issu d'un de mes amendements, qui fait la synthèse d'une réflexion plus profonde, et qui fut aussi abordé pendant les réunions de samedi dernier à Paris de la FFE:
"La fédération des français de l’étranger est une richesse méconnue du Parti qui doit davantage solliciter l’expertise de ses militants. Si ses militants le souhaitent, nous pourrions créer une fédération des français en Union Européenne et une fédération des français hors de l’UE, permettant un travail spécifique du secrétariat national à l’Europe avec l’une et à l’international avec l’autre."

Voici une revendication que je porte depuis longtemps reprise par cette contribution générale:
" Si les socialistes européens veulent sortir de l’impasse politique, il est urgent d’engager un dialogue structurel avec les nouvelles forces de gauche ou celles qui ont su se renouveler alors que nous n’arrivions pas à le faire.
Nous devons mettre fin au « compromis historique » avec les anciens démocrates-chrétiens, devenus conservateurs. Nous devons nous rapprocher du Parti de la Gauche européenne, et des Écologistes. Seule cette option nous permet de rendre crédible la perspective d’une alternative politique européenne.
Nous devons révolutionner le PSE qui n’est pas à la hauteur des enjeux ; le PS français doit assumer de porter les débats que les sociaux-démocrates n’osent pas affronter. Les militants doivent être convoqués pour se prononcer sur l’orientation politique du PSE et ses dirigeants."


Mathieu Pouydesseau
BF, CF, mandataire Fédéral

dimanche 9 novembre 2014

Manifeste pour une alternative à gauche, ici et maintenant

Chaque jour, la situation politique devient un peu plus confuse. Le Président de la République, le Premier ministre et le gouvernement apparaissent de plus en plus isolés. Les militants socialistes, quant à eux, sont désorientés, ne pouvant s’exprimer sur les choix politiques du gouvernement présentés comme incontournables. Ils sont invités à définir « l’identité socialiste » au cours d’états généraux, mais ces considérations, aussi intéressantes soient-elles, ne peuvent se substituer à l’indispensable débat d’un congrès.
L’essentiel aujourd’hui est en effet de permettre aux socialistes de choisir la politique concrète qui doit être menée immédiatement pour engager notre pays vers une sortie de crise, assurer le redressement dans la justice, faire reculer le chômage, la précarité, la pauvreté et les inégalités.
C’est dans cet esprit que notre courant Maintenant la gauche dépose, à l’occasion des états généraux, un manifeste pour une alternative à gauche, ici et maintenant. Car nous voulons que l’indispensable réorientation de la politique gouvernementale soit engagée au plus vite.
Nous n’acceptons pas cette fin de non-recevoir, sans débat, sans arguments sérieux du gouvernement, alors même que s’accumulent, selon leurs propres dire, des échecs.
Nous en appelons aux militants socialistes pour qu’ils se fassent entendre. Qui peut prétendre diriger le pays au nom des socialistes sans les consulter et les écouter ? Le débat n’a de sens que si des décisions suivent. Et le vote d’orientation d’un congrès est de ce point de vue essentiel.
Bon nombre de nos propositions partent des engagements pris pendant la présidentielle devant les Français. Ils n’étaient ni révolutionnaires, ni gauchistes, ni passéistes ! Et d’ailleurs, nous avons tous mis notre énergie à combattre l’argumentaire de Sarkozy et de la droite qui les qualifiaient d’irréalistes.
Nous appelons les socialistes à être fidèles à eux-mêmes, à leur projet, qui n’a pris aucune ride en deux ans tant notre environnement, la dégradation de la situation mondiale et européenne conforte l’exigence de changement et de justice que nous avons chevillée au cœur.
Face à la vague libérale qui déferle depuis 30 ans et aux idées réactionnaires voir fascisantes qui montent en écho, la réussite d’un gouvernement tient aussi à la mobilisation de ses soutiens, pour défendre et porter le changement. Le rassemblement, l’unité sont les talismans indispensables à la conquête comme à l’exercice du pouvoir à gauche. C’est un combat que « Maintenant la gauche » mène depuis sa création.
Nous vous demandons de diffuser largement ces propositions, de lancer des débats localement pour les populariser et pour montrer qu’un autre chemin est possible, qu’il est réaliste et concret.
 

vendredi 25 juillet 2014

Pour un Cessez le Feu immédiat à Gaza !


Appel des Socialistes Français de l’Étranger au gouvernement français :

Pour un Cessez le Feu immédiat à Gaza !


L’intervention "Bordure Protectrice" menée par les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza depuis le 6 juillet 2014 a fait plus 800 victimes et 4 000 blessés parmi la population palestinienne deux semaines après le début des opérations.
Pour Israël, les objectifs militaires visent à la destruction des roquettes, de leurs bases de lancement, des tunnels qui menacent la sécurité des Israéliens dans le Sud d’Israël et l’élimination des combattants du Hamas.

Pour atteindre ces objectifs, l’État hébreu a utilisé une force militaire disproportionnée par rapport à la menace. Les forces armées et les autorités israéliennes n'ont pas pris, une fois de plus et malgré les multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU,  toutes les mesures qu'exige la Convention de Genève afin de protéger la population civile de Gaza, principale victime de cette intervention.

Nous tenons en préambule à dénoncer avec la plus grande fermeté la passivité coupable du Quartet pour le Moyen Orient (dont la France est partie intégrante via l'UE) qui a laissé la situation se détériorer chez les Palestiniens. Le Quartet n'a jamais utilisé tous les moyens de pression et toutes les sanctions politiques et économiques mis à sa disposition pour contraindre Israël à renoncer à l'Occupation et à signer un accord de retour à la paix durable.

Devant cette situation d'urgence et bien conscients qu'il faudra régler le plus rapidement possible la situation humanitaire à Gaza, imposer des élections libres sur ce territoire et offrir de réelles garanties pour protéger toutes les populations civiles de la région, nous demandons au gouvernement français :
 1 – d'exiger qu'Israël mette fin immédiatement à son intervention militaire et que les dirigeants du Hamas imposent le cessez-le feu à leurs combattants.
 2 – de condamner l’État d’Israël pour la brutalité de son intervention.
 3 – de demander à la Cour Pénale Internationale d’enquêter et de condamner, parmi les belligérants, ceux qui auront été reconnus coupables de crimes de guerre.

Signataires :

Socialistes Français de l’Étranger, Maintenant la Gauche – Fédération des Français de l’Étranger du Parti Socialiste, militants du Monde entier

lundi 9 juin 2014

Bilan des Consulaires et des Européennes pour les Français de l'Etranger

La séquence qui vient de s'achever - d'octobre 2013 et la campagne des Primaires Sénatoriales aux élections consulaires et européennes - permet d'analyser et tirer quelques leçons avant de se lancer dans la campagne des Sénatoriales.
Pour résumer: quand nos élus se battent au local contre les effets des réductions budgétaires (Maintien de Maison de France, consulats, batailles des lycées, des bourses) et s'allient à gauche, nous gagnons.
Lorsque notre parti ne tire aucune leçon des municipales et notre président avec son factotum à Matignon annoncent accélérer encore plus fort une politique inefficace et injuste, le Front National devient le premier parti de France et notre parti devient un Pasok francophone.
J'appelle toutes et tous les militant(e)s de la FFE à participer à ces débats. Nous avons fait l'union avec nos partenaires sur les listes consulaires, nous travaillons à des listes unies pour l'AFE, et une réflexion s'engage pour amender la liste votée par les militants de la FFE pour garantir une Union de la Gauche aux Sénatoriales.
 
Les résultats des Européennes ont donné lieu à un tableau synthétique concernant les Français de l'Etranger, rattachés par la loi à la circonscription Île de France. A noter que le vote des Français de l'Etranger inscrits dans un pays de l'Union Européenne et ayant donc voté pour les listes locales n'est pas documenté, et que certains ont pu être inscrits deux fois - à la fois en France et dans le pays de résidence - gonflant artificiellement les chiffres de l'abstention.
L'UMP est arrivée en tête, devant le Centre et les Verts, le Parti Socialiste n'arrivant que quatrième avec 13,16% des voix. Le Front National fait une percée à l'étranger avec 9% des voix. Le Front de Gauche et Nouvelle Donne (4,5% et 2,9%) ne capitalisent pas sur le rejet du Parti Socialiste, comme en France.
La Gauche dans son ensemble reçois seulement 37% des voix, ce n'est pas très glorieux, et surtout, le PS qui avait remporté en Juin 2012 7 circonscriptions législatives (+1 aux Ecologistes), serai éliminé d'un second tour quasiment partout.
Voilà qui devrai donner à réfléchir à Pierre-Yves Le Borgn', Philippe Cordery et Axelle Lemaire. Pouria Amirshahi et Arnaud Leroy n'ont pas attendu ces résultats, initiant l'appel des 100 (voir ci-dessous).
Pour mémoire, Corinne Narassiguin et Daphna Poznanska ont été invalidées et leurs sièges perdus à la droite.
Inscrits1 063 607
Abstentions946 16688,96
Votants117 44111,04
Blancs1 2630,121,08
Nuls1 1510,110,98
Exprimés115 02710,8197,94
ListesVoix% Inscrits% Exprimés
REGIONS ET PEUPLES SOLIDAIRES (LDIV)30,000,00
NOUS CITOYENS (LDVD)3 6850,353,20
EUROPE SOLIDAIRE (LDIV)00,000,00
LISTE EUROPE ECOLOGIE (LVEC)16 9581,5914,74
EUROPE DECROISSANCE (LDIV)130,000,01
CANNABIS SANS FRONTIERES STOP LA PROHIBITION (LDIV)30,000,00
POUR LA FRANCE, AGIR EN EUROPE AVEC ALAIN LAMASSOURE (LUMP)26 4682,4923,01
PARTI FÉDÉRALISTE EUROPÉEN (LDIV)210,000,02
POUR UNE FRANCE ROYALE AU COEUR DE L'EUROPE (LDVD)90,000,01
ENSEMBLE POUR UNE EUROPE EQUITABLE (LDIV)350,000,03
UDI MODEM LES EUROPEENS. LISTE SOUTENUE PAR FRANÇOIS BAYROU ET JEAN-LOUIS BORLOO (LUC)17 9841,6915,63
ESPÉRANTO LANGUE COMMUNE ÉQUITABLE POUR L'EUROPE (LDIV)5130,050,45
COMMUNISTES (LEXG)120,000,01
DEBOUT LA FRANCE ! NI SYSTÈME, NI EXTRÊMES, AVEC NICOLAS DUPONT-AIGNAN (LDVD)3 3400,312,90
CITOYENS DU VOTE BLANC (LDIV)50,000,00
FÉMINISTES POUR UNE EUROPE SOLIDAIRE (LDIV)310,000,03
ALLIANCE ECOLOGISTE INDEPENDANTE (LDIV)300,000,03
CHOISIR NOTRE EUROPE (LUG)15 1361,4213,16
STOP A L'EUROPE DE LA FINANCE-L'HUMAIN D'ABORD ! FRONT DE GAUCHE (LFG)5 2850,504,59
DÉMOCRATIE RÉELLE (LDIV)150,000,01
POUR UNE EUROPE LIBRE (LDIV)7420,070,65
UPR-IDF (LDIV)1 2250,121,06
L'EUROPE DE MARRAKECH À ISTANBUL (LDIV)00,000,00
LUTTE OUVRIERE FAIRE ENTENDRE LE CAMP DES TRAVAILLEURS (LEXG)1 0990,100,96
EUROPIRATES D'IDF (LDIV)2000,020,17
NOUVELLE DONNE (LDVG)3 3750,322,93
EUROPE CITOYENNE (LDIV)4 5310,433,94
PARTI EUROPÉEN (LDIV)80,000,01
FORCE VIE (LDVD)2 8730,272,50
LISTE BLEU MARINE - NON A BRUXELLES, OUI A LA FRANCE (LFN)10 2880,978,94
POUR UNE EUROPE DES TRAVAILLEURES ET DES PEUPLES, ENVOYONS VALSER L'AUSTÉRITÉ ET LE GOUVERNEMENT ! (LEXG)1 1400,110,99
Les Consulaires qui avaient lieu le même jour, et où nous allions à la bataille avec une alliance avec d'autres partis de gauche et des membres du mouvement associatif (Français du Monde ADFE par exemple) ou de la société civile, a vu un résultat assez différent.
En effet, nos listes rassemblent prés de 40% des conseillers et délégués consulaires élus, soit une légère progression par rapport à la taille du groupe ADFE à l'Assemblée des Français de l'Etranger sortante.
C'est important pour les élections sénatoriales bien sûr, mais aussi et surtout pour analyser ce qui s'est passé vraiment dans les urnes et en tirer des leçons pour la FFE du Parti Socialiste.
Dans les 108 circonscriptions à scrutin de liste, 346 listes avaient été enregistrées ; dans les 21 circonscriptions à scrutin uninominal majoritaire, 98 candidats s’étaient présentés. Au total, 2 968 Françaises et Français étaient candidats à ces élections consulaires.
Pour l’élection, 482 bureaux de vote ont été ouverts dans le monde ; 10 jours avant le scrutin à l’urne, un portail de vote par internet avait été ouvert, pendant 6 jours pleins.
1 130 000 électeurs sont inscrits sur les listes électorales consulaires. Parmi eux, 185 000 ont participé à ces élections, soit un taux de participation de 16,5 % : 80 000 électeurs ont choisi le vote par internet, soit une participation de 7,08 % et 105 000 électeurs ont choisi de voter à l’urne, en personne ou par procuration, soit 9,39 %.

J'ai fait campagne dans les deux villes où je me partage : à Berlin, et à Londres, avec notamment un porte à porte pluvieux dans le Berkshire.
En Allemagne du Nord, les liste d'Union de la Gauche (malheureusement sans le FdG avec qui des discussions eurent lieu mais sans succès) ont réalisé 52% des voix au scrutin des consulaires. Le même jour, dans les mêmes locaux, avait lieu le scrutin des Européennes, où les français d'Allemagne du Nord ont voté pour le PS à ... 18%, la liste EELV recevant 31% des voix. 

La Gauche ne peut réussir, électoralement comme au gouvernement, qu'unie.
Cela signifie accepter le débat, le dialogue, les compromis, et un contrat de gauche dans la pratique gouvernementale.

 Cela ne peut avoir lieu que sur la base d'un dialogue politique et un pacte majoritaire rénové pour les candidat(e)s susceptibles de siéger au Sénat. Des candidats qui depuis le début refusent l'unité de la gauche dans leurs billets et leurs commentaires du Sénat, attaquant nos partenaires potentiels, ne sont pas les mieux à mêmes à représenter cette future Unité. Et faire de la place en enlevant celles qui depuis le début se battent pour que notre parti reste fidèle à ses engagements, dans une démarche avec toute la gauche, ne serait qu'une contradiction de plus.
Les Européennes ont démontré au niveau national que la chute du PS ne profite pas aux autres gauches. L'abstention profite, augmentant le poids relatif d'un Front National stable lui en nombre de voix.
La seule solution, pour la France, c'est de retrouver le chemin de l'unité de la Gauche pour un pacte majoritaire rénové.
 

Toutes les gauches cherchent à dialoguer, et reconstruire.
L'appel des 100: http://appeldes100.fr/ 
100 parlementaires socialistes ont signé un appel pour que notre politique revienne aux fondamentaux définis pendant la campagne électorale de 2012. 41 d'entre eux ont déjà choisi l'abstention sur le Pacte de Responsabilité. Tous souhaitent prendre de l'influence par une série d'amendements sur les débats de la loi de Finance rectificative qui aura lieu ce mois.
 
De nombreuses initiatives les soutiennent.
Il y a quelques semaines, une dizaine de militants connectés sur Facebook, dont votre serviteur, ont lancé un appel - les Socialistes contre l'Austérité - qui a recueilli 4500 signatures en quelques jours.
 
Liem Hoang Ngoc, député européen non reconduit par le PS après un mandat, professeur d'économies à Sciences-Po Paris, et Philippe Marliére, un ancien camarade PS de la FFE et membre du Labour, professeur de Sciences Politiques, ont lancé un club des Socialistes affligés qui se sont réunis ce weekend pour la première fois, avec EELV, le FdG, MLG etc... http://www.liberation.fr/politiques/2014/06/08/des-socialistes-affliges-pour-une-alternative-rose-vert-rouge_1036184
  
Un Monde d'Avance tendance Guillaume Balas, nouveau député européen, se réunit le weekend du 14 Juin en marge du Conseil National à Paris pour un débat avec des membres de EELV, du FdG, de MLG. http://unmondedavance.eu/inscrivez-vous-a-la-reunion-publique-un-monde-davance-comment-rassembler-la-gauche/
Une réunion des mandataires MLG aura lieu à laquelle je ne pourrai participer, étant retenu le samedi par un évènement professionnel en Suède.
Maintenant la Gauche tendance Gérard Filoche organise trois jours de débat à Bellerive http://www.maintenantlagauche.fr/rassemblement-les-20-21-22-juin-a-bellerive-sur-allier/.
 
Bref, la gauche bouge.

Ce qui ne bouge pas, c'est la pratique de notre parti pour décider d'investitures sans logique politique ni respect des militants, et l'exemple le plus actuel est celui de la constitution de nos listes sénatoriales.
Comme depuis le lendemain du vote des Primaires de la FFE, tout est fait soit par le National soit par la direction fédérale pour sortir notre camarade MLG Martine Vautrin Djedidi, élue par les militants troisième de la liste. Patricia Grillo, cinquième de la liste, nous a entre-temps rejoint!
Le National avait annoncé dés notre vote vouloir "geler" la position 3 qu'occupe Martine pour préparer des accords avec nos partenaires, ce que le courant - et je salue l'engagement d'Emmanuel Maurel sur le sujet - refuse.
Depuis, la grande question est de savoir si EELV fera une liste seul, ou s'alliera avec nous. Claudine Lepage et Richard Yung font pression pour sortir Martine.
Il y a aussi des obstacles politiques à lever, l'un des principaux étant à mon avis la ligne politique de Richard Yung: tout indique que sur de très nombreux sujets il est en contradiction avec les positions EELV, par exemple sur l'extension de la défense du droit de propriété intellectuelle sur les semences agricoles (http://altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article24661 ou l'article du Canard Enchainé de Décembre 2013). Pire, il les a déjà attaqué publiquement, les menaçant des pires représailles s'ils ne votaient pas un Traité Européen que nous-mêmes, dans la campagne 2012, refusions, et qui, une fois adopté, nous emmena sur cette triste et inefficace voie de la politique de l'Offre. (Là par exemple, mais ce n'est pas le seul: )http://www.richardyung.fr/reactions/blog-yung-actualite-politique/2932-ouvrez-le-ban-et-interrogez-les-verts.html

Dans ce cadre, en tant que membre du Conseil Fédéral de la FFE, je m'opposerai à tout arrangement d'arrière cuisine qui ne serai pas fondé sur un mandat crédible, politique, dans la constitution des listes Sénatoriales d'union pour les Français de l'Etranger. L'analyse des compte-rendus de mandats des sortants sera mis en parallèle avec la crédibilité des alliances politiques proposées.
Soyons transparents, soyons cohérents, et soyons de gauche.

samedi 26 octobre 2013

Observatoire des militants de la FFE: article collectif Amine Cassim, Mathieu Pouydesseau, Gabriel Richard-Mollard publié par la Fédération

A l’issue des élections du 22 septembre 2013, lors desquelles Angela Merkel a remporté une victoire d’une ampleur inattendue mais a échoué, à quelques sièges près, à remporter la majorité absolue, les tractations entre futurs partenaires gouvernementaux potentiels se sont ouvertes. Plusieurs scénarios sont possibles, dont celui d’une configuration gouvernementale de type « grande coalition », rassemblant CDU/CSU et SPD. Cette solution semble, compte tenu des discussions actuelles avec la CDU, être la plus avancée. Le parti subordonne cependant une telle coalition à un vote conforme de sa base militante.
http://ffe-ps.org/2013/10/22/resultats-de-lelection-legislative-du-2209-en-allemagne/

jeudi 24 octobre 2013

Mathieu Pouydesseau candidat du courant aux investitures militantes Sénatoriales 2014!

Chères camarades et  chers camarades,

Plus d'un an après la victoire de  la gauche, il est  nécessaire de porter le débat non seulement avec ses  paroles mais aussi ses actes. J'ai décidé de faire un  acte politique et de vous proposer la candidature suivante pour la liste des  Sénatoriales.

Avec cette candidature je veux engager un débat politique à un moment  crucial de notre expérience gouvernementale.

Avec Martine Vautrin Jedidi nous sommes deux candidats de Maintenant la Gauche, défendant les idéaux pour une Europe sociale et démocratique, pour une pratique sociale  du gouvernement, pour une réflexion nouvelle sur la citoyenneté, pour un renouvellement au Sénat, pour servir les Français dans le Monde. Après un long engagement associatif, Martine, élue à l'AFE, auprès du député de sa circonscription, représente tous ceux d'entre vous vivant hors de l'Union Européenne. Je souhaite pour elle le meilleur résultat possible, nous avons besoin de plus de femmes au Sénat, et des femmes de la trempe de Martine !

Rendons  hommage au travail de  Claudine et Richard, exemplaires d'engagement au service des Français à l’étranger,  Sénateurs de terrain et de travail. Saluons en particulier le rôle de Claudine dans la campagne  présidentielle de 2012, celle de notre victoire commune, où elle nous représenta dans l'équipe de campagne.

Pour un socialisme moderne, de combat:

 Je porte avec conviction depuis des années le message d'un socialisme moderne, européen, ancré dans la réalité sociale et économique,  ayant le courage d'assumer tous les rapports de force pour transformer la société et construire un monde plus juste. La modernité c'est d'affronter un monde de violences et de reculs sociaux avec l'audace de vouloir le dompter. C'est construire, contre des intérêts particuliers puissants et dominateurs.

C'est savoir que la lutte sociale est le  concept le plus moderne possible au XXIeme siècle. C'est tirer les leçons des échecs tragiques pour les classes populaires et moyennes des socialismes de la troisième voie autour de Blair et Schroeder. C'est aussi croire profondément à l'idée internationaliste.

Ce socialisme moderne s’est exprimé dans le discours du Bourget.  Cette ligne est toujours actuelle, car ce n'est qu'en réalisant les promesses de l'esprit du Bourget que nous améliorerons la vie de nos concitoyennes et concitoyens, que nous ferons avancer la justice sociale, et reculer les populismes et les extrémismes.

Le socialisme de la relance est le seul économiquement sain. L'industrie allemande vit de l'innovation, de l'investissement, et des plans massifs de relance en 2008-2009. La réduction du coût du travail ne joue un rôle que dans les services, secteurs de l'exploitation sans scrupules, où les femmes surtout sont réduites à des salaires de misère, où la pauvreté progresse. La leçon allemande, c'est qu'il ne faut pas écouter les pigeons ni le Medef ni les néolibéraux. Ils nous conduisent à la catastrophe sociale, politique et économique.

Pour une autre Europe:

La lutte pour l'intégration politique et sociale dans nos pays de résidence doit devenir une de nos priorités.  L'Union Européenne et les pays partenaires au sein de Schengen sont les pilotes où mener cette lutte. Il  s'agit de s'engager pour les droits sociaux et retraite de nos compatriotes à l’étranger, tant au sein  de l'Union qu'en dehors de celle-ci.

L’ engagement Pour une autre Europe montre que tout est possible: Initiateur et Premier signataire, j'ai vu, grâce à un travail préparatoire de plusieurs années, comment des parlementaires de toutes les gauches – SPD, SPÖ, PS, SEL, PD, PSOE, mais aussi Verts autrichiens et allemands, Linke, Front de Gauche, dans 5 pays européens, des syndicats, ATTAC, les économistes atterrés et des milliers de citoyens se sont retrouvés dans ce combat commun. Il faut une autre Europe !

Cet engagement sera l'un des thèmes majeurs, avec la réflexion sur le fait d'être Français en Union Européenne: création d'une identité sociale permettant la transmission des droits, création d'un droit de vote complet dans le pays de résidence, création d'une identité fiscale européenne, lutte contre le dumping fiscal et social intra-européen qui en fin de compte touche tout le monde.

Le Candidat :

Comme beaucoup parmi vous, mon expérience à l'étranger est représentative de bien de nouvelles manières de vivre hors de la métropole, tout simplement car les nouveaux moyens  de communication facilitent la mobilité  et atténuent l'éloignement.

Bordelais,  42 ans, j'ai commencé mon engagement en créant la première section du syndicat FIDL dans mon lycée, avant de  rejoindre l'UNEF-ID – première rencontre, à l'automne 1993, à Paris Tolbiac, avec Pouria Amirshahi. J'ai rejoint la FFE et l'ADFE en 2002, devenant  secrétaire de section en 2007 et organisant à ce titre la campagne à Berlin de Claude Chapat dans la partielle AFE de  2008.

Mon métier, c’est d’organiser  des équipes commerciales sur plusieurs pays européens pour réaliser des projets informatiques complexes : il est temps de mettre cette expertise au service de notre pays. Cette représentativité, mes contacts  professionnels et associatifs dans toute l’Europe, sont des atouts dans la  constitution de la liste future.

Je suis profondément attaché à rencontrer tous les Français de  l'Etranger, partout où ils vivent, à être au plus proche de vous et au plus proche des idées portées par la gauche: le retour au terrain est la meilleure formation possible, pour construire une véritable politique de gauche. Je serai un Sénateur loyal au mandat politique donné à la gauche en 2012, ainsi qu'au mandat que donneront les Grands Électeurs consulaires en 2014, soucieux de faire respecter le Parlement.

Mettons de la Gauche dans nos investiture militantes, maintenant!

 Mathieu Pouydesseau

 Section de Berlin

 Membre du Conseil Fédéral et Bureau Fédéral de la FFE, Mandataire FFE pour Maintenant la Gauche

Martine Vautrin-Djedidi candidate du courant à l'investiture militante Sénatoriales 2014!

chers camarades, certains chers amis,

Voilà, c'est fait ! Non sans hésitations.
Partie un peu tard dans la vie politique, éloignée des appareils, je briguais un mandat national pour la première fois l'an dernier, candidate à l'investiture sur la 9° circonscription. Vous connaissez la suite.
Aujourd'hui, le sens de cette candidature à la primaire sénatoriale de la Fédération des Français à l'étranger du PS , est d'abord celui indiqué par des amis, collègues et camarades de Français du monde, de l'AFE et de la FFE, avant même qu'il ne soit le mien.
D'ores et déjà, qu'ils soient remerciés pour leurs encouragements et leur confiance. Il n'y a pas d'échec.

Des convictions ancrées à gauche du parti socialiste, vécues et renforcées ces dernières années, par l'exercice d'un mandat local depuis 2009, puis par une campagne législative largement victorieuse en 2012 aux côtés de Pouria Amirshahi , donnent à cette candidature son sens politique.
Avec « Maintenant la gauche », je partage la bataille de l'Europe sociale, mais aussi celle de ses relations avec le sud , dont les rives de la Méditerranée et l'Afrique; une réflexion nouvelle sur la citoyenneté européeenne, pas seulement en Europe mais dans sa relation au monde; pour une Europe politique et diplomatique et celle de l'engagement aux côtés des partis acteurs des transitions démocratiques; une réflexion sur les institutions de notre Vème république, mais aussi sur les politiques à court terme.
Fidèle à des convictions, à toujours plus de justice sociale et de solidarité, mais refusant une assignation à demeure.

Nos sénateurs se sont longtemps trouvés seuls à porter et défendre au plan national tous les dossiers relayés par les élus locaux , dont je suis. Le Sénat, comme l'Assemblée nationale désormais, se doit d'avoir une représentation des Français hors de France plus conforme aux attentes socio-économiques et politiques de nos compatriotes .

Notre projet fédéral existe. "La France tout au long de la vie" n'est pas enterrée : une ambition pour le service public français à l'étranger, un enseignement ouvert à la diversité du monde, auprès des forces vives de la France à l'étranger, un cadre fiscal lisible et équitable, des français à l'étranger protégés face aux risques; Ces engagements nous guident dans ce qui fait notre spécificité.
Le dernier volet, pour une juste représentation politique à l'étranger, nous allons le vivre dans quelques mois avec une réforme de l'AFE qui n'est pas celle que nous avions souhaitée. Nos combats pour ET avec les Français dans le monde ne sont pas terminés.
Nous continuerons à agir pour faire tomber tous les murs, visibles et invisibles.

Martine Vautrin Djedidi
secrétaire section Tunis
Conseillère à l'AFE
membre du bureau de Français du monde adfe Tunisie
membre du bureau de l'UESRE

vendredi 14 juin 2013

Lettre Ouverte à Martin Schulz à l'occasion de sa venue au Forum des Progressistes du PS

Dear Martin, Lieber Martin, Cher Martin,
 
Militant au sein du PSE, membre du SPD et du Parti Socialiste français, co-initiateur et Premier Signataire de l' appel "Europa geht Anders", www.uneautreeurope.eu, je suis également depuis 13 ans chef d'entreprise en informatique en Allemagne.
J'ai travaillé pour des startups berlinoise, un grand groupe informatique américain, où j'ai eu des responsabilités stratégiques pour EMEA ainsi que pour un groupe certes Japonais, mais produisant en Allemagne, dirigeant une filiale commerciale sur le marché germanophone DACH, contre la concurrence des produits chinois et américains.
 
Cher Martin, Dear Martin, Lieber Martin,
Commercial, je sais une chose importante: on ne commence pas une négociation lorsqu'on est soi même en position de faiblesse. Il n'y a pas besoin d'avoir lu Sun Tze pour savoir qu'on engage uniquement les batailles que l'on peut gagner. La négociation Win-Win (gagnant-gagnant) suppose des acteurs à même hauteur d'yeux. En cas de déséquilibre, le plus faible doit mettre une stratégie du faible au fort en place qui suppose de pouvoir sortir à tout moment de la négociation. Il doit pouvoir commencer très haut l'exigence des négociations. Il doit se faire plus fort qu'il n'est.
L'Europe, comme tu le sais, comme tu l'as si souvent dit devant nous aux congrès du PSE où nous nous sommes déjà rencontré, est profondément affaiblie par les politiques désastreuses de gestion de la crise conduites par les conservateurs européens.
Nous en sommes à deux ans de récession. Le chômage des jeunes est dramatique. Les reculs sociaux et démocratiques ont en eux le ferment de nouveaux extrémismes.
Même l'Allemagne est touchée, évitant de justesse la récession au premier trimestre, révisant ses prévisions de croissance à un maigre 0,1% selon la Deutsche Bank.
 
Cher Martin, Dear Martin, Lieber Martin,
L'Europe n'aborde pas ces négociations unies. La France, seul Grand pays de l'Union dirigée par un gouvernement membre du PSE sans avoir besoin de partenaires de coalition, menace de mettre un veto pour des raisons légitimes mais insuffisantes.
De nombreux Atlantistes confondent malheureusement négociations commerciales et démonstration d'amitié politique, et seront prêts, à ce titre, à affaiblir les négociateurs de l'intérieur. Enfin, les intérêts de nos économies, de nos systèmes sociaux, divergent radicalement déjà au sein de l'Union.
Pourquoi le PSE devrait-il soutenir une négociation sur le Libre-Echange avec les Etats-Unis mettant en danger des acquis sociaux, des règles sanitaires et alimentaires, une économie de la culture, une régulation différente de la bio-éthique et de la génétique industrielle, et des emplois en Europe? Alors que l'Europe sur ces sujets n'est elle-même pas encore unie?
 
Mon experience professionnelle me le confirme, cher Martin, Lieber Martin, Dear Martin.
Un accord Win-Win sur ces bases est impossible.
 
Alors, les conditions sociales n'étant pas réunies, le rapport de force défavorable, nos positions divisées, ne nous laissons pas aveugler par la promesse chimérique d'emplois que recelerait un tel accord.
 
Les temps ne sont pas mûrs pour une telle négociation.
 
Ne l'engageons pas!

dimanche 2 juin 2013

Convention Europe: Nous n'avons pas d'autre choix que d'être audacieux!

Chères et chers camarades,
 
Le Parti Socialiste est appelé à voter. Le 6 Juin, nous voterons pour le texte de la Convention Europe.
Nous avons aussi l'opportunité de décider de renforcer le texte sur des éléments importants, avec 13 amendements différents.
 
Je souhaite vous rappeler toutes et tous l'importance de participer. Ce vote n'a pas lieu à n'importe lequel moment. Ce n'est pas seulement un vote interne pour la ligne doctrinale d'un parti. C'est un message fort que nous pouvons envoyer à un moment crucial de la construction européenne.
 
En effet, en fin de ce mois, les 27 et 28 Juin, aura lieu un Conseil de l'Europe décisif. La commission Européenne y présentera l'Instrument de Convergence et de Compétitivité, un traité supplémentaire ayant comme principal objectif d'inscrire dans le marbre des traités les principes idéologiques les plus conservateurs possibles, et empêcher, si jamais la gauche devait l'emporter en septembre 2013 en Allemagne et en Juin 2014 aux élections Européennes, une réorientation.
 
Très peu de progressistes vont siéger fin Juin au Conseil de l'Europe. La plupart d'entre eux sont en coalition, souvent avec des partis centristes ou conservateurs. Cela inclue plusieurs pays importants: l'Autriche, les Pays-Bas, l'Italie.
C'est pourquoi une député social-démocrate autrichienne, Sonja Ablinger, a cherché une alliance européenne large dans notre famille politique pour faire pression sur les membres du gouvernement SPÖ, et autres, et forcer celui-ci à prendre une position forte sur ces sujets.
Elle s'est appuyée sur le Forum des Gauches socialistes et social-démocrates dont je suis l'une des chevilles ouvrières, en obtenant le soutien de Hilde Mattheis au SPD et de Marie-Noëlle Lienemann au PS, entrainant depuis des verts autrichiens, des Linke allemands, ATTAC, le SEL italien, des députés du PSOE, les Economistes Atterrés.
C'est le sens de l'appel Pour une autre Europe http://www.uneautreeurope.eu/.
 
Un seul pays a donné une large majorité au parti socialiste local. Le chef de l'Etat comme le chef de gouvernement, issus de nos rangs, peuvent compter sur une majorité large à l'Assemblée, courte au Sénat. Ce pays a de plus une taille critique, tant du point de vue économique, politique, culturel que diplomatique.
Vous avez reconnu ce pays: c'est nous, c'est la France.
 
François Hollande porte donc pour ce Conseil tous les espoirs des progressistes européens. Il ne s'agit pas de s'interroger si tel ou tel éditorialiste plus ou moins complice de l'ordre libéral approuverai ce texte ou le jugerai germanophobe, si telle ou telle aile ou courant au sein du parti joue telle ou telle partition, il s'agit de prendre une responsabilité historique pour sauver l'espoir de construire un jour une Europe sociale, démocratique, écologique.
Et je peux vous le dire: tous les Européens convaincus du SPD, du SPÖ, en Espagne, en Italie, regardent ce débat. Tous attendent un signal fort, dans un contexte où le SPD déjà s'est relancé à gauche, se distanciant des réformes Schröder.
 
Le texte de la convention Europe est progressiste. Mais il n'est pas encore assez fort pour entamer un tel rapport de force, du faible au fort, face à tant de conservateurs.
Et nous avons vu que sans un fort vent arrière, François Hollande aura du mal à tenir un tel rapport de force seul.
Il a besoin de nous, ce texte a besoin de nous, tous les socialistes et sociaux-démocrates européens ont besoin de nous.
De plus, toute négociation, surtout dans une stratégie du faible au fort, doit partir d'un point très haut. Nous serons forcés de négocier des compromis. Ne commençons pas déjà par une position de compromis!
 
Chacun des 13 amendements est intéressant.
Il existe cependant trois questions fondamentales qui vont déterminer et le débat sur cet "Instrument de Compétitivité et de Convergence" et le visage de l'Europe des 10 années à venir:
- Le Pacte de stabilité et ses suites, avec la nécessité absolue de sortir d'une politique de consolidation budgétaire qui a échoué pour utiliser tous les instruments prévus par les traités pour relancer l'économie.
L'amendement 4 réclame également la suspension pure et simple du TSCG et de son absurde règle d'or européenne. Il est à noter que de fait ce Pacte est déjà suspendu, comme le démontre les deux ans de délai accordé par la Commission à la France pour atteindre les 3%. Cela va mieux en le disant.
- Le budget européen, et le rôle de la BCE, deux sujets liés, pour remettre et du contrôle démocratique et de la marge de manœuvre politique en situation de crise. Les amendements 8 et 13 sont essentiels ici pour renforcer le texte à un niveau qui permettra plus tard de faire des concessions sans retomber sur des positions à l'évidence conservatrices ou libérales.
- Le Traité de Libre-Echange avec les Etats-Unis, dont le projet d'ouvrir des négociations tombe au plus mauvais moment, alors que l'Europe faible n'y pourra faire prévaloir ses intérêts. Il parait important non pas seulement de le compléter de dispositions sociales et écologiques, cela serait un minimum, mais surtout d'en suspendre la négociation, amendement 10, tant que nous Européens ne seront pas sorti de la crise. Les gros yeux de certains devant les 150 Milliards de croissance à en attendre les rends aveugle que le prix de ces 150 Milliards n'est pas négociable lorsqu'on en a tellement besoin. Mieux vaut se concentrer comment les créer de par nos propres forces, plutôt que de nous vendre.
- L'amendement 13 enfin complète le texte en réunissant chacun de ces trois points, en les réunissant dans un ensemble cohérent.
 
Je vous demande donc d'assumer cette responsabilité européenne. Donnons à ce texte la force qu'il mérite!
Soyons par notre vote les amphétamines dont François Hollande, en négociation, aura besoin pour tenir ce marathon, et surtout pour tenir le rapport de force, ouvert au compromis, mais pas à la synthèse!
 
Amitiés socialistes,
Mathieu Pouydesseau
SPD Berlin
Membre de Forum Demokratische Linke
Mandataire de Maintenant la Gauche pour la Fédération des Français de l'Etranger du PS
Co-Initiateur et Premier Signataire de l'appel "Pour une autre Europe" www.uneautreeurope.eu

vendredi 31 mai 2013

La Convention Europe, l'appel européen Pour une Autre Europe

Notre parti organise le 16 Juin une Convention Europe, qui permettra de présenter et débattre de l'orientation que nous, militantes et militants, cadres, élus, et membres du gouvernement souhaitons donner à la construction Européenne.
Au Conseil National du 13 Avril, auquel j'étais présent invité par la motion, tant Jean-Marc Ayrault qu'Harlem Désir ont donné une feuille de route claire à cette réorientation: le Parti Socialiste, parce qu'il est le principal parti socialiste en situation de gouverner, doit devenir le "fer de lance" de la bataille contre les conservateurs européens.
Nous, à Maintenant la Gauche, acceptons volontiers cette mission. Cela fait des années que nous nous battons contre une construction d'inspiration néo-libérale, et c'est pour cela que nous avons cherché des alliances auprés des autres partis socialistes et sociaux-démocrates européens, pour construire un consensus Pour une Autre Europe dans notre famille politique.
C'est dans cette idée que nous avions rédigé collectivement des textes en vue de la convention. Ces textes sont disponibles sur le site du courant:
http://www.maintenantlagauche.fr/wp-content/uploads/sursauteuropeMaintenantlagauche.pdf

Le Bureau National du 30 Avril décida d'une démarche privilégiant le vote sur amendements sur un texte central plutôt que la mise en débat sur des textes différents conduisant à une synthèse finale.
Ce texte,. à l'origine très offensif vis à vis de la figure de proue des conservateurs européens, leur "fer de lance", Angela Merkel, fut édulcoré suite aux critiques de "Germanophobie" qu'il était supposé receler.
Pourtant, en discutant avec nos amis du SPD, beaucoup me confirmaient que pour eux, c'était clair que la critique était politique, et non nationaliste.
Comme nous nous retrouvions sur la plupart de nos analyses européennes, nous avons eu l'idée de lancer une initiative commune, s'appuyant sur le travail remarquable de nos camarades autrichiens.
Dans le même temps, nous avons proposé à d'autres courants de nous rejoindre pour proposer des amendements au texte central de la convention Europe..
De ce travail sont issus 4 amendements signés par Maintenant la Gauche, les numéros 4,8,10 et 13, dont deux, les numéros 8 et 10 ont été signés aussi par des camarades de la Motion 1, issus de Un Monde d'Avance.
Je vous invite à lire et télécharger les argumentaires de ces 4 amendements sur notre site:
http://www.maintenantlagauche.fr/europe-le-sursaut-cest-urgent-les-4-amendements-presentes-par-maintenant-la-gauche-et-uma/

Le courant Maintenant la Gauche appelle à voter POUR le texte, et sur le bulletin de vote, à voter pour nos 4 amendements.
Je tiens à remercier ici les sections PS de Berlin, Amsterdam, Shanghai et Bangkok qui m'invitèrent à présenter les amendements de notre Motion, en personne ou par Skype.

Parallèlement au lancement de ce débat, notre appel commun aux ailes gauches socialistes et sociale-démocrates autrichiennes, allemandes, italiennes et françaises a été présenté simultanément le 15 Mai à Vienne, Berlin, Paris et Naples.
http://www.maintenantlagauche.fr/les-ailes-gauches-se-federent-en-europe-signez-largement-la-petition-une-autre-europe-est-possible/

http://francais.europa-geht-anders.eu/petition

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/05/15/la-gauche-du-ps-appelle-a-la-mobilisation-citoyenne-contre-l-austerite-en-europe_3235502_823448.html

J'étais moi-même l'un des présentateurs de l'appel à la conférence de presse berlinoise.
http://www.taz.de/!116331/

Notre appel, dans sa préparation, a été rejoint par ATTAC dans chacun des 4 pays, par les centrales syndicales autrichiennes et allemandes, par Les Economistes Atterrés en France, par les Verts autrichiens et depuis sa publication, certains députés allemands de die Linke (le Front de Gauche allemand).
Nous en sommes déjà à 7000 signatures.

Dans ce contexte, j'ai accepté de venir débattre demain, samedi 01 Juin, à Paris, avec les camarades de Un Monde d'Avance:
http://unmondedavance.eu/colloque-un-monde-davance-de-leurope-en-crise-a-la-crise-de-leurope-quelles-solutions/
Marie-Noëlle Lienemann interviendra également en fin de matinée.

Je serai dans l'après-midi également au débat organisé par la Fédération de Paris en présence de la délégation de la Fédération de Berlin du SPD. J'y aurais le plaisir d'y retrouver Jan Stöß, Président du SPD Berlin, et Premier Signataire de l'Appel Pour une autre Europe!
http://www.ps-paris.org/regards-croises-du-spd-berlin-et-du-ps-paris-sur-l-europe

Le 6 Juin aura lieu le vote sur la convention. Mobilisez autour de vous, faites passer les argumentaires, l'appel Pour une autre Europe, et faites passer ma proposition de participer aux débats de section par Skype, par Email ou par téléphone.

Ensemble, construisons une Europe sociale, démocratique et Ecologique!

Mathieu Pouydesseau
Mandataire Fédéral de Maintenant la Gauche à la FFE
PS Berlin
SPD, membre de Forum Demokratische Linke

jeudi 21 février 2013

Allemagne: la situation mi-Février


La situation macro-économique et sociale

La publication des chiffres de la croissance au quatrième trimestre 2012 a paradoxalement à leur caractère alarmant provoqué très peu de débats et de prises de position en Allemagne.

Pourtant, avec un recul de - 0,6%, la dégradation de la conjoncture est 0,2% plus mauvaise que prévu en décembre, et encore 0,1% par rapport à des corrections établies en janvier.

Tous les observateurs ont décidé de se rallier à l'explication officielle de l'institut des statistiques gouvernementales, le DIW : le dernier trimestre 2012 a vu un gros trou d'air sans conséquence. Le climat des affaires s'est depuis amélioré, avec l'indice de confiance des entrepreneurs ayant progressé ces derniers trois mois, les mesures prises de consolidation budgétaire en Europe vont porter leurs fruits en 2013, relançant les exportations allemandes vers ses partenaires européens, et la croissance du commerce mondial va reprendre son ampleur de 2011, achevant de tirer vers le haut la conjoncture allemande.

C'est ce narratif que montre le tableau suivant :



Évolution du PIB Allemand depuis 2008 et perspectives pour 2013, en indice 100 = 2005, et en PIB corrigé de l'inflation:



Pourtant, beaucoup des suppositions attachées à ce narratif macro-économique ont été infirmées :

Le recul de la croissance en Eurozone à 0,6% est plus fort que prévu, avec les pays les plus touchés par les politiques de consolidation budgétaire plongeant toujours aussi rapidement (Grèce – 6%, Portugal -3,2%, Italie -0,9%) et l'économie française – toujours premier importateur de biens allemands - avec un recul de 0,3% et une croissance nulle en 2012 ne donne pas de signes de frémissements. Au contraire, l'objectif annoncé de 3% de déficit budgétaire est maintenant clairement illusoire, à moins que le gouvernement Ayrault et son ministre Moscovici ne prennent des mesures de consolidation budgétaire encore plus radicales, touchant plus fortement les dépenses. Le coup à la croissance – et donc aux importations d'Allemagne – serait fatal.

Si Francois Hollande montre depuis quelques jours une volonté plus forte de réorienter le priorité gouvernementale sur l'emploi et l'économie, notamment après la phase sociétale et le Mali, il n'est pas sûr que son équipe gouvernementale soit outillée doctrinalement et techniquement pour lancer un plan de relance, mettant donc encore en péril ce narratif du gouvernement allemand.

Par ailleurs, les projections sur le commerce mondial dépendent en grande partie d'externalités encore bien incertaines : les évolutions des économies américaines et chinoises.

Pour mémoire, les mêmes statisticiens avaient le narratif suivant en décembre 2011 :



Un trou d'air en Q4 2011 fut tout simplement oublié, les perspectives sur 2012 étaient positives avec une amélioration progressive et constante de la conjoncture. 2012 a vu en réalité l'inverse : après un rebond au premier trimestre, la conjoncture ne cessa de se dégrader.

Le narratif du DIW, soutenu par les économistes d'Allianz et des instituts proches du patronat ressemblent donc bien à des vœux (auto-prophétiques?) plus qu'à une analyse sérieuse des risques pour l'Allemagne en 2013.

D'ailleurs, les nouvelles fin Janvier – début Février montrent bien qu'un moteur de croissance s'est cassé. Alors que l'Allemagne avait été jusque là épargnée, une vague de plans de licenciements massifs ont été annoncés ces derniers temps :

- La filière solaire, sinistrée, a perdu plus de 30 000 emplois en 2012

- La filière des services, malgré des salaires très faibles et l'absence de SMIC, a vu disparaître plusieurs groupes de distribution – par exemple Schlecker avec ses 5000 salariés, à 90% femmes à temps partiels.

- Le secteur des NTIC est aussi touché : HP ferme un site avec 1000 emplois supprimés, Dell également. Fujitsu Technology, l'ancien Fujitsu-Siemens et héritier de Siemens-Nixdorf, annonce 1500 suppression d'emplois.

- Siemens annonce la vente ou la fermeture de plusieurs divisions, dont celle solaire, et prés de

10 000 suppressions de postes à l'international.

- Le secteur automobile est à son tour touché, avec Opel devant fermer un site industriel.

- Thyssen-Krupp annonce au moins 2000 suppressions d'emplois

- Ces vagues annoncent aussi une réduction des investissements et des négociations plus serrées avec le réseau de PME familiales fournisseuses : toute une série de ses entreprises entre 500 et 5000 salariés annoncent des restructurations avec suppression de postes depuis trois mois.

- Tous les vendeurs de biens d'équipement, informatiques ou non, remarquent aussi un allongement de la durée d'utilisation des équipements au delà des dates de garantie et/ou d'amortissements afin de retarder le renouvellement des parcs, et un assèchement des investissements publics.

- Par ailleurs, de nombreuses renégociations salariales de branche ont commencé, et l'arme des licenciements est employée par les patronats contre les syndicats pour obtenir des accords de modération salariale, plombant encore plus les perspectives de croissance de la demande intérieure.

- Enfin, quasiment toutes les entreprises ont actuellement des plans de gel des embauches, ne recrutant que des profils très spécialisés à l'occasion de remplacements.

 
Cette phase de restructuration n'est pas une réponse à un trou d'air conjoncturel. L'arme du chômage partiel avec compensation salariale payée par l'agence de l'emploi aux salariés n'est cette fois pas utilisée, les entreprises ne prévoyant elles pas de retour de la croissance à court terme. Nous ne sommes donc pas dans une situation comparable à 2008.

Il s'agit de transformations profondes des entreprises, à l'occasion d'un effondrement de leurs carnets de commande, d'une transformation de leurs marchés. Les plans entrainent aussi une augmentation de l'épargne de précaution des ménages. La demande intérieure ne prendra pas le relais des investissements privés, ni des dépenses publiques en baisse.

La tendance est claire pour l'économie allemande en 2013, elle va vers le bas. On en saura cependant plus le 22 Février avec la publication de l'indice de confiance des industriels allemands.

L'emploi et le pouvoir d'achat

 Ce tableau montre à gauche (bleu) l'évolution comparée des revenus nominaux (hors inflation) du capital (en haut, valeur 150,6 en index 100 = 2000 fin 2012) et du travail (en bas, valeur 123,8 en index 100 = 2000 fin 2012).

Le tableau de droite (rouge) montre l'évolution des salaires bruts réels (corrigés de l'inflation, base 100 = 2000), avec en haut le sous-groupe des salaires soumis à accords de branche et en bas l'intégralité des salaires, y compris ceux soumis à accords de branche.

Textfeld:  Étude de l'institut WSI, proche des syndicats: L'écart reste large entre revenus du capital et du travail. Les revenus du Capital sont déconnectés des revenus du travail, avec une croissance plus que double. Les revenus salariés totaux restent en 2012, malgré 3 ans de rattrapage, inférieurs à leur niveau de 2000 !
L’Allemagne bénéficie encore d'une situation du marché de l'emploi enviable, avec un taux officiel de chômage à 6,5% en Décembre.  Cependant, cette situation est marquée par des déséquilibres régionaux très forts, expliquant en partie les difficultés de Merkel avec son allié catholique bavarois, la CSU. De plus, les chiffres bruts de Janvier montrent une dégradation forte avec 288 000 chômeurs de plus, avec un taux repassant au dessus de 7%. Certes, les chiffres corrigés de variations saisonniéres sont plus encourageants.

Tableau suivant : plus c'est fuchsia, moins il y a de chômage.




Le Sud de l'Allemagne bénéficie d'un quasi-plein emploi à 3% de chômage, l'Ouest est dans la moyenne avec des zones cependant sinistrées, notamment dans les bassins miniers rhénans, et l'Est – incluant Berlin, région au plus fort taux de chômage d'Allemagne – dépasse en général les 10%.

Le taux d'Actifs touchant des allocations chômage et/ou sociales atteint ainsi les 9,8% - de nombreux salariés, par exemple de mini-jobs, ont besoin d'allocations chômage pour atteindre le niveau de revenu de Hartz IV – l'équivalent du RSA français. Ces emplois sont subventionnés par le système d'assurance chômage.


Ces chiffres cependant ne prennent pas en cause toute la population en âge de travailler non répertorié comme actifs. Le taux d'inactivité en Allemagne de l'Est et dans les bassins de pauvreté rhénans frôle les 20 à 25%. Le taux de pauvreté d'ailleurs augmente depuis 6 ans avec constance. Une étude récente d'un institut proche des organisations caritatives soulignait que prés d'un salarié sur six était sous la menace un jour de passer sous le seuil de pauvreté.




Le tableau suivant, produit par les organisations caritatives paritaires (regroupant toutes les organisations, issues des églises et laïques) en 2012, montre l'évolution de la pauvreté en Allemagne depuis 2005. Alors que le taux de chômage passe de 11,7% à 7,1% (maintenant 6,5%) et le taux de bénéficiaires d'allocations chômage de 10,3 à 9,8%, le taux de pauvreté a augmenté de 14,7% à 15,1%, avec une accélération depuis 2010.


C'est de nouveau la confirmation que la « thèse de la cascade » ne fonctionne pas : la prospérité ne redescend pas lorsqu'on la partage par le haut. Pire, même des politiques ayant eu pour objet de réduire le chômage à tout prix pour augmenter les conditions de vie en bas de l'échelle sociale échouent.


La situation est tellement grave que le gouvernement de Angela Merkel, sous la pression des libéraux, a retardé la publication de son rapport officiel sur la pauvreté et en a censuré certaines conclusions.

Suivant maintenant une logique bien rodée, alors que c'est bien la méthode de gouvernement d'Angela Merkel qui est en cause, l'opprobre tomba sur d'autres, ici le ministre de l’Économie et chef nominal des libéraux Philip Rösler.


Cependant, ces données expliquent pourquoi le SPD et Peer Steinbrück souhaitent mettre la Justice Sociale au cœur de la campagne (cf note sur le congrès de décembre 2012 en annexe. La note sur le congrès de 2011 est également attachée en référence).


La Politique de la Famille au cœur des critiques :


Le grand sujet politique des derniers jours fut la politique de la famille. Un rapport administratif d'évaluation des politiques publiques a souligne l'échec complet et l'incroyable gaspillage des politiques familiales, qui promeut a la fois une vision passéiste de la famille, traditionnelle de la place de la femme, et inégalitaire socialement. Et l'échec démographique est également patent, a l'origine de la reforme de l'âge de départ a la retraite a 67 ans, reforme co-conçue par Peer a l'époque de la Grande Coalition et depuis remise en cause par le SPD sous la pression de son aile gauche (PL, parlementarische Linke, gauche parlementaire, le sous-groupe de 23 députés au sein du SPD a avoir vote contre le TSCG et a avoir signe la contribution UMA a mon initiative en juillet dernier).
Ce sujet a pousse les libéraux, pourtant allies de Merkel mais menaces de disparaitre du parlement, a annoncer vouloir faire campagne contre "la prime au fourneau", une reforme votée sous l'instigation des catholiques bavarois visant a payer les mères pour ne pas aller travailler mais s'occuper de leurs enfants. Le financement de cette prime asséché encore le budget d'investissement en crèches et emplois d'assistants maternels-éducateurs.
juste un exemple: un dégrèvement sur l’impôt sur le revenu est prévu pour les couples mariés, qu'ils aient des enfants ou non, mais basé sur un mode de calcul privilégiant seulement un salaire a temps plein. Non seulement le résultat n'est que de redonner de l'argent a des bourgeois bien payes - éventuellement sans enfants, mais aussi de maintenir loin du marche du travail des femmes bien formées, généralement l'homme ayant un meilleur salaire. Les conservateurs au pouvoir défendent ce dégrèvement (coût budgétaire plus de 20 milliards) au nom de la protection "de la valeur mariage en soi". Nom allemand: Ehegattensplitting.
Le SPD a des positions beaucoup plus féministes et veut enfin garantir la possibilité de concilier carrière et famille. Il est favorable a l'introduction d'un quota minimum (30%) de femmes dans les conseils d'administration des entreprises cotées. Les entreprises avaient promis il y a 5 ans a Merkel de réussir a le faire sans loi, la situation est encore pire maintenant...
La Situation politique au 14 Février 2013 :

 

Voici le tableau des derniers sondages par instituts et dates de publication


Le sondage le plus récent de Forsa montre un double phénomène inquiétant pour le SPD :

- Malgré une actualité défavorable, on va y revenir, l'Union électorale des Chrétiens-démocrates (présents partout sauf en Baviére) et des Catholiques sociaux bavarois (inversement) progresse de deux points à 43%.

- Le SPD stagne chez Forsa à un niveau bas. D'autres sondages voient le SPD osciller depuis 6 mois entre 27 et 29%. La tendance principale ici est la stagnation. Le SPD semble avoir atteint un étiage haut de son potentiel de conviction, et n'arrive pas à progresser au delà.

- Les Verts ont la même stabilité entre 14 et 15% depuis 6 mois.

Les deux partenaires finissent en général devant l'Union, sauf dans ce sondage de Forsa, ou la somme SPD-Verts (39%) reste 4 points au dessous du parti de Merkel.

Un des paris de Merkel pour conserver le pouvoir, gagner seule la majorité absolue, est en vue : obtenir seule la majorité absolue. En effet, vu les voix perdues sur des partis non représentés, il est possible de voir dans les derniers jours de la campagne un vote des électeurs FDP pour l'Union - pour bloquer la gauche – la propulsant à 45-46% des voix. Avec une somme SPD-Verts-Linke à 45 ou 46% et la force régionale de l'Union lui permettant de gagner toujours un peu plus de sièges que ce que lui donnerait son score proportionnel (mécanisme complexe et en partie inconstitutionnel des « Mandats excédentaires ») la partie est jouable.

Ce n'est pas la première fois que les sondages semblent promettre une majorité seule à l'Union. Déjà, au lendemain pourtant de la victoire du SPD et des verts en Basse-Saxe, les polémiques sur les déclarations de Peer Steinbrück sur le salaire de la chancelière et son « bonus d'être une femme » avait ramené le SPD à 25%, l'Union à 43%.


- Les Linke, malgré une grave crise de leadership et une contradiction fondamentale dans les choix doctrinaux et politiques entre réalistes et fondamentalistes, surnagent à 6-7%, avec donc la certitude d'être au Bundestag.

- Les Libéraux, alliés de Merkel au gouvernement, se sont effondrés très rapidement après la prise de pouvoir. Ils ont perdus leur représentations régionales dans 6 des régions ayant votées entre 2009 et 2012. Les sondages les donnent en dessous de 5% - la barre minimum pour avoir des députés – constamment depuis deux ans et demi. Seul un coup de main tactique de l'Union pourrait les sauver.

- Les Pirates, dépassés par leurs sucés (entrée dans 4 parlements régionaux entre 2011 et 2012) sont entrés dans une phase de consolidation qui – ayant lieu de manière transparente devant tout le monde – a dégénéré dans des conflits pour le pouvoir effrayant les électeurs.

- Ceux-ci cependant ne se sont reportés ni sur les Verts ni sur le SPD. Le niveau des « divers » reste ainsi constant à 4%. Mais le principal bénéficiaire des déçus Pirates, c'est l'abstention.


Pourtant, l'actualité n'était pas en faveur de Merkel :

- Son amie personnelle et Ministre de l’Éducation Annette Schavan a été obligée de démissionner sur un scandale liée à sa thèse de doctorat écrite il y a 30 ans.

- Le SPD et les Verts ont annoncé avoir conclu un accord de gestion de la région de Basse-Saxe, scellant la défaite de la coalition sortante Conservateurs-Libéraux.


La campagne électorale est marquée par deux déclarations de coalitions claires :

Officiellement, Merkel souhaite une reconduction de la coalition Conservateurs-Libéraux.

Le SPD et les Verts veulent former une coalition ensemble, et seulement ensemble – excluant les Linke de l'équation.

Le SPD répète ne pas vouloir de Grande Coalition. Une alliance avec Merkel provoquerait sans doute un nouvel exil de militants, voire une nouvelle scission.

Les Verts sont prêts théoriquement à jouer d'une compatibilité « Conservateurs » pour faire pression sur le SPD. Une tentative analogue à Berlin a failli provoqué une scission des Verts entre « fraction Latte Macchiato » et « Fundis - Fondamentalistes » (voir plus bas note de synthèse sur l'année 2011). Merkel et Trittin ensemble ? Peu probable, mais possible.


Le recours pourrait être le modèle de Rhénanie du Nord Westphalie, où Hannelore Kraft a gouverné deux ans en alliance minoritaire avec les Verts, allant chercher des voix soit à droite, soit aux Linke, avant de gagner haut la main des élections régionales anticipées en 2012.

Beaucoup auraient aimé la voir se lancer à la place de Peer Steinbrück. Elle en a eu la fenêtre de tir, mais a préféré consolider sa position régionale d'abord.

Intuition que le vote de septembre 2013 aboutira à un Bundestag sans majorité claire ? Et elle en recourt d'Octobre ?

Annexe :

Analyse Allemagne en Janvier 2013, à la suite de la victoire SPD-Verts en basse-Saxe :


Élections Régionales de Basse Saxe en Allemagne : une défaite pour Merkel, qui perds la majorité à la deuxième chambre, mais une victoire en trompe l’œil pour le SPD.



7 Millions d'Allemands ont voté dimanche dernier dans la région de Basse Saxe (Capitale Hanovre, c'est aussi la région de Volkswagen, à Wolfsburg) contre l'alliance régionale des Chrétiens-Démocrates (CDU, le parti d'Angela Merkel, la chancelière) et des Libéraux (FDP, les partenaires d'Angela Merkel au niveau national), accordant à l'alliance des Sociaux-démocrates (SPD) et des Écologistes (Grünen) la plus faible marge d'avance possible : 69 contre 68 élus au parlement régional.


Cette élection est l’occasion de faire un point sur la situation politique allemande à 7 mois des élections, ainsi que – à l’occasion des 50 ans du traité de l’Élysée – de s’interroger sur l’état des gauches dans les deux pays, ainsi que de dessiner les contours d’une rénovation nécessaire de la doctrine social-démocrate européenne.


En France comme en Allemagne, la question fondamentale pour la gauche est de re-concevoir une social-démocratie moderne adaptée à un monde de plus en plus radical, formé depuis 15 ans par des politiques libérales, et traversé de contradictions sociales, écologiques, démographiques et par conséquent économiques de plus en plus violentes.

En France, comme en Allemagne, les deux principaux partis structurant la gauche et l’espace politique de la social-démocratie, le Parti Socialiste et le SPD, ont profondément rénové leur doctrine à l’aune de l’exercice du pouvoir à la fin des années 90, dans un monde alors très différent. Depuis, la réflexion s’est orientée sur les clivages et conflits internes à ces partis, ayant conduit en Allemagne en 2005 avec les Linke et en France, en 2005 au sein du PS avec le référendum sur l’Europe puis en 2008 avec la création du Front de Gauche à des scissions, un temps électoralement gagnantes mais en définitive stériles dans leur influence sur le monde réel.

Les barrières et les œillères sont posées par ces deux positionnements. Ils empêchent la gauche réformiste à penser le monde tel qu’il est, à prendre conscience des énormes défis devant nous, mais aussi de l’énorme responsabilité que notre famille politique porte. Ils ont aussi, et cela est aussi grave, contribué à l’absence de renouvellement générationnel et programmatique. Les concepteurs de la vulgate social-démocrate de la fin des années 90 – début des années 2000 sont toujours ceux dominant les partis sociaux-démocrates français et allemands au début des années 2010.

Pourtant, depuis 2002, avec une grande constance, la pratique politique comme les offres programmatiques basées sur cette vulgate ont été refusés par les électeurs. La reconquête du pouvoir par François Hollande, l’un des responsables de la doctrine des années 90 elle-même largement issue des Deloriens, s’est faite sur une offre programmatique beaucoup plus engagée et audacieuse que la pratique gouvernementale actuelle. Le congrès de Toulouse illustre bien cette recherche d’une rénovation des concepts et de la vision du monde, avec 30% des militants ne se reconnaissant pas dans le projet porté par toute la direction, juste après une victoire historique.

Les difficultés du candidat actuel du SPD Peer Steinbrück, l’un des penseurs du tournant social-libéral du SPD avec Gerhard Schröder, en est une autre illustration.


Cette élection a des conséquences nationales immédiates : le Bundesrat, la deuxième chambre allemande représentant les régions, passe à gauche. Angela Merkel ne pourra lancer d'ici aux élections de septembre 2013 – et en cas de victoire de la droite, au delà – aucune réforme d'envergure sans l'accord du SPD.

Cette situation politique est en Allemagne assez courante. Ainsi, dés 1999, la majorité parlementaire SPD-Verts élue en 98 eut à négocier avec une chambre des régions passée à droite. C’est cependant nouveau pour Angela Merkel, qui n’a jusqu’à présent jamais vraiment eu à négocier avec l’opposition.


La Basse Saxe a produit une grande génération de loosers politiques, malheureusement surtout à gauche.

Pour parler d'histoire récente, c'est là que Gerhard Schröder, le chancelier SPD entre 1998 et 2005, a construit sa carrière politique, avant de la poursuivre, une fois battu par Angela Merkel, comme lobbyiste de Gazprom et ami de Vladimir Poutine.

C'est là que son directeur de cabinet puis successeur à la tête du SPD, Franz-Walter Steinmeier, a commencé sa carrière politique. Ministre des Affaires Étrangères dans le cabinet de « Grande Coalition » sous Merkel entre 2005 et 2009, Steinmeier est aujourd'hui le président du groupe parlementaire d'opposition SPD au Bundestag, la première assemblée allemande. Sa campagne en 2009 a conduit le SPD au pire score de son histoire avec seulement 23%.

Sigmar Gabriel, l'actuel président du SPD, perdit la région à la droite dans l'élection de 2003, première grande défaite régionale pour un SPD secoué par le tournant pris par Schröder avec « l'agenda 2010 », annonciatrice de déroutes électorales encore plus fortes. Cet agenda introduisait une série de « réformes » structurelles, combinées avec les 4 réformes « Harz » - du nom d’un ancien DRH de Volkswagen, encore la Basse Saxe, qui conseilla la coalition SPD-Verts pour déréguler le marché du travail, développer les temps partiels et contrats précaires, unifier le système d'assurance chômage et d'aides sociales. Cela imposa aux « petits salaires » et faiblement qualifiés une modération salariale souvent confondue en France avec une stratégie de compétitivité.

Gabriel perdit la région face à Christian Wulff, CDU, qui s'allia avec les libéraux du FDP. Wulff devait conserver la région jusqu'en 2010. Membre de l'alliance dite du « Pacte Andin » rassemblant des hommes politiques de la CDU et de leurs alliés bavarois CSU dans un pacte de non-agression réciproque conclu au cours d'un voyage d'étude de Jeunes Conservateurs dans les Andes dans les années 70, Wulff apparut comme le dernier concurrent potentiel d'Angela Merkel à droite. Celle-ci le fit élire Président de la République en 2010. Ce fut l'une des rares erreurs tactiques de la chancelière – une série de scandales liés aux relations troubles de Wulff avec des hommes d'affaires douteux de Hanovre et ses tentatives pour empêcher la presse d'en parler devait le mener à la démission début 2012, entrainant l'élection comme Président du candidat proposé par le SPD et les Verts déjà en 2010.

Bien sûr, nous souhaitons au probable futur président de la région, Stephan Weil, d'échapper à ce destin fatal à ces prédécesseurs ! Avec seulement une voix de majorité, et un partenaire Vert particulièrement gonflé à bloc par ses 14%, Stephan Weil va devoir faire preuve de beaucoup d'habileté et de sens politique.


La situation politique allemande est actuellement marquée par une série de crises et de climax au sein de tous les partis – à l’exception de celui d’Angela Merkel.

Le SPD doute à haute voix de son candidat, les Verts sont traversés par des contradictions entre une base libertaire écologiste et une nouvelle génération « Bobo », les Linke sont en voie de disparaître suite à des batailles incompréhensibles entre ses dirigeants et une doctrine tellement fixée sur les années Schröder qu'elle en oublie les années Merkel, les libéraux en voie de disparition dans toutes les régions perdent leur sang-froid et remettent en cause leur direction tous les trois mois.

Les études d'opinion enregistrent un phénomène particulier : après prés de 6 mois de relative stabilité, avec une Union (Merkel) à 37%, un SPD à 28%, des Verts à 13%, les Linke (le Front de Gauche allemand) à 6% et tous les autres partis en dessous des 5% pour être représenté au Bundestag, les rapports de force recommencent à bouger. Si les Linke restent très bas, à 5% de leurs résultats, les Verts stagnent, mais le SPD s'effondre continuellement depuis la mi-décembre, avec l'Union qui monte, monte, monte.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis les élections de 2009, le SPD est de retour à 23%. L'Union, elle, culmine à 43%.

Deux facteurs expliquent cette envolée de l'Union: l’éthique de travail de Merkel est incontestable, et cela a donne de la crédibilité à l’invention de son image de sauveuse et protectrice des intérêts allemands au cœur de la crise européenne, notamment contre des pays du Sud peints comme corrompus et irréformables.

Angela Merkel est d’une éthique personnelle irréprochable. La mystification consiste à faire croire que cette éthique, automatiquement, rends sa conduite du gouvernement aussi morale. C’est d’ailleurs la contradiction profonde qui menace l’union dans une campagne.

La deuxième raison, c'est l'état du SPD en campagne. Le SPD a fait une erreur stratégique fondamentale. Peer Steinbrück est devenu le candidat après avoir été plébiscité par les sondages et les médias. Les militants n'ont pas eu droit à s'exprimer. Il faut dire qu'au cours du congrès de Berlin de Décembre 2011 – où François Hollande était invité en tant que candidat – les délégués mirent plusieurs secondes à commencer à applaudir Peer après son discours – il fallut que d'autres dirigeants viennent le rejoindre sur l'estrade. Mieux valait éviter de leur demander de choisir, par un vote de la base ou des primaires. Abusé par ces sondages si favorables à la personne, le SPD choisit de le mettre au cœur de la campagne, de lui donner une « liberté de jambes » pour s'exprimer au delà du projet social-démocrate. Peer fut rapidement attaqué par ces médias qui l'avaient adoré, avec des dossiers bien préparés à l'avance, sur son habitus de bourgeois aisé, de vendeur de conférences aux entreprises à plus d'un million d'€ de revenus en plus de ses indemnités de parlementaire, de lobbyiste présumé pour les entreprises – Thyssen Krupp par exemple – où il siège au conseil d'administration.

Quelle naïveté de la part du SPD. Surtout, quelle paresse intellectuelle et peur conservatrice de la part de sa direction ! Sigmar Gabriel, qui reconstruisit un SPD à la dérive – un cadavre à la renverse allemand – depuis 2009, sut lui redonner un programme de gauche, une perspective d'alliances avec les Verts, une efficacité électorale lui permettant de regagner des exécutifs régionaux. Mais Gabriel n'a pas réussi à réformer le mode de fonctionnement du SPD. Le vote des militants n'est toujours pas introduit – sans parler de primaires. Le SPD n'attire pas, ne fait pas envie, et se fait déborder sur sa droite bourgeoise par les Verts, sur sa gauche jeune par les Pirates. Sa base militante, passée de 800 000 en 2002 à moins de 500 000 aujourd'hui, en moyenne de plus de 60 ans, commence à disparaître pour toujours.


Les résultats en Basse Saxe agissent comme un électrochoc : la CDU, avec 36%, fait mieux que ce que les sondages prévoyaient depuis plusieurs semaines. Le SPD, à 32%, progresse un peu (+2%), les Verts explosent avec 14%, et les libéraux, que tous les sondages voyaient disparaître à 3%, bénéficie d'un cadeau de la CDU de 100 000 voix pour atteindre 9,9% ! Au lieu de voir une assemblée CDU avec 40% des sièges et l'alliance SPD-Verts à 60%, Stephan Weil doit composer avec un seul siège de majorité.


La direction du SPD a décidé de renverser les rôles : le Parti doit être mis en avant, Peer passer en retrait, et épouser le projet commun. Un « discours de Bercy » est encore attendu. Il sera nécessaire pour relancer une campagne mal engagée.


30 janvier 2013